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Coquelicot Fleuriste : le temps de tourner la page pour Marcelle Dupuis

Photo Benoît Bilodeau – Marcelle Dupuis prévoit fermer les portes de sa boutique Coquelicot Fleuriste, à Saint-Eustache, à la fin novembre.

Coquelicot Fleuriste : le temps de tourner la page pour Marcelle Dupuis

Publié le 23/10/2026

Après 57 ans à égayer la vie des gens avec des fleurs, Marcelle Dupuis s’apprête à fermer les portes de sa boutique Coquelicot Fleuriste, à Saint-Eustache.

À 85 ans, la propriétaire a pris cette décision après avoir traversé plusieurs épreuves personnelles, mais aussi parce que les circonstances l’amènent à tourner la page.

Mme Dupuis affirme avoir mûrement réfléchi à cette fermeture, prévue pour la fin novembre. Elle souhaitait passer à autre chose après avoir vécu plusieurs deuils au cours des dernières années, dont ceux de son mari, en 2022, et de sa fille, en décembre dernier. Des employés sont également décédés ou ont dû quitter, la laissant seule pour faire fonctionner la boutique. Depuis environ un an et demi, elle travaille environ 60 heures par semaine, réparties sur sept jours.

« Toutes les choses se sont mises en place quand ma fille est décédée, à Noël dernier. C’est là que j’ai pris ma décision de vendre le bâtiment. Ça me permettait de me libérer de la gestion des locaux commerciaux loués à d’autres. Comme les nouveaux propriétaires veulent implanter une clinique médicale, je dois quitter. C’est correct. J’ai l’âge pour partir et je suis en santé », résume, en entrevue, avec sa voix toute douce, Mme Dupuis sans une once d’amertume.

Tout commence en 1969

L’aventure de Coquelicot Fleuriste (ou de Fleuriste Coquelicot) remonte à novembre 1969. Originaire de Coaticook et enseignante de formation, Marcelle Dupuis s’était alors tournée vers la fleuristerie, souhaitant offrir davantage de stabilité à sa famille sans cesse en déménagements.

Elle a donc suivi des cours dans le domaine avant d’ouvrir son commerce au centre commercial Place Saint-Eustache. La boutique a ensuite déménagé, en 1988, dans le bâtiment actuel, situé rue Dubois, en face de l’Hôpital de Saint-Eustache, où elle se trouve toujours.

Elle s’est aussi impliquée dans son milieu, entre autres au sein du comité d’embellissement de la Ville de Saint-Eustache, de la Chambre de commerce et d’industrie MRC de Deux-Montagnes (CCI2M), de la Caisse Desjardins de Saint-Eustache-Deux-Montagnes, du Club Kiwanis Saint-Eustache et de la Fondation église historique de Saint-Eustache, dont elle a été membre-fondatrice.

En 2020, alors que la pandémie de COVID-19 bousculait ses plans de vendre son commerce, Mme Dupuis s’était dit que c’était là un signe qu’elle devait continuer. Six ans plus tard, la décision est maintenant prise.

Sa façon d’aborder l’actuelle situation et l’avenir ressemble à celle qui l’a guidée toute sa vie : régler les problèmes lorsqu’ils se présentent, puis passer à autre chose. « Je vis le moment présent. Quand ma décision est prise, c’est pris. Je suis bien avec ça. C’est sûr que ça grenouille un petit peu [en dedans de moi]. C’est normal. Mais je ne fais pas de drame avec ça. […] Le passé ne nous amène à rien. Fais que je suis lucide avec ça », dit-elle, ajoutant « être bonne pour gérer son stress ».

Une véritable passion

Si Marcelle Dupuis ne s’attarde pas sur le passé, elle gardera néanmoins d’excellents souvenirs de toutes ces années à rencontrer les gens et à les accompagner dans les moments importants de leur vie. Pour elle, la fleuristerie n’a jamais été un simple métier, mais une véritable passion, qui lui a permis également de mettre en valeur son côté créatif.

« Quand tu vends des fleurs, c’est pour faire plaisir à quelqu’un. Tu es toujours dans le bonheur. Comment veux-tu ne pas aimer ça ? C’est impossible. C’est impossible. Pour moi, c’est le bonheur total de faire ce travail-là. Il m’a apporté beaucoup de joie », confie-t-elle.

Au fil des ans, elle a vu grandir des familles, préparant des fleurs pour des naissances, des mariages, des communions, des confirmations, mais aussi pour les derniers adieux. Les relations nouées avec sa clientèle, ajoute Mme Dupuis, ont ainsi souvent dépassé le cadre commercial. « C’est une relation d’amitié », souligne-t-elle.

Pour la suite, Mme Dupuis n’a pas encore établi de plan précis. Elle mentionne vouloir faire possiblement du bénévolat, mais aussi se reposer ou encore voyager, sans vouloir s’imposer d’objectifs.

« Là, je n’ai pas de plan de retraite. Mais, ce n’est pas grave. Je vais voir ce que je vais faire. […] Je ne veux pas me faire d’idées parce que je ne veux pas être déçue. Je ne suis pas faite pour les déceptions. Je suis faite pour le bonheur. Je ne me fais pas d’idées. […] Je ne me stresse pas. Parce que le stress est mauvaise conseillère. Je vis le moment présent. Et je trouve une solution aux situations qui se présentent devant moi », explique-t-elle, fidèle à sa devise « chaque chose en son temps ».

Donner plutôt que jeter

D’ici la fermeture, une autre tâche l’attend : disposer de ce qui reste dans sa boutique. Ce qu’elle ne peut vendre et qui est toujours utile, Marcelle Dupuis souhaite le donner afin d’éviter le gaspillage.

Elle a déjà préparé à cet effet des boîtes comprenant, entre autres, des fournitures qui pourraient servir à des activités créatives pour les enfants. Elle espère donc que les organismes, écoles et enseignants qu’elle a joints communiqueront avec elle afin de donner une seconde vie à ces articles.

Si la fermeture de Coquelicot Fleuriste marque la fin d’une longue aventure commerciale, elle ne signifie pas que Marcelle Dupuis entend cesser d’avancer. Fidèle à la philosophie qui l’a toujours guidée, elle laissera cependant la suite se dessiner sans précipiter quoi que ce soit. « Une chose à la fois », conclut-elle avec le sourire.

Pour en savoir davantage sur le commerce, visitez le site web et la page Facebook.