Construit en 1762 au cœur du Vieux-Saint-Eustache par le seigneur Eustache-Louis Lambert-Dumont, il constitue l’un des rares témoins matériels toujours opérationnels du régime seigneurial. Alimenté par la force hydraulique de la rivière du Chêne, le moulin produit encore aujourd’hui de la farine moulue sur pierre selon des méthodes ancestrales. Chaque année, près de 40 tonnes de farine de blé et de sarrasin y sont transformées, dont environ la moitié est vendue directement à la boutique du moulin.
« Tout cela a plus de 250 ans, malgré que certaines parties sont plus « jeunes» comme le blutoir ou le trémie », lance avec fierté Martin Trudel, meunier en chef du Moulin Légaré.
Une relève bien ancrée
Derrière la roue et les meules, une chaîne de transmission humaine assure la continuité du savoir-faire. Pour résumer l’histoire Depuis 2024, Martin Trudel a pris la relève de la gestion du Moulin Légaré après 15 ans de formation aux côtés de Daniel Saint-Pierre, qui a pris sa retraite après 37 années d’expérience. Ce dernier a eu la chance d’avoir été formé par Philippe Légaré, le dernier de la famille Légaré, qui a possédé le moulin pendant près de 75 ans.
« Notre objectif, c’est d’offrir la meilleure qualité de farine possible tout en respectant l’intégrité du moulin et de ses mécanismes », explique Martin Trudel. Les gestes répétés aujourd’hui sont sensiblement les mêmes que ceux posés il y a plus de 260 ans.
Des farines artisanales, sans compromis
Les farines de blé et de sarrasin du moulin sont moulues à bas régime sur meules de pierre. Ce procédé permet de préserver un maximum de nutriments, contrairement à certaines farines industrielles dont la transformation à haute vitesse peut altérer les qualités nutritives. Ici, aucun agent de conservation ni de blanchiment n’est ajouté. Le produit final reflète une approche artisanale, axée sur la qualité et la tradition.
La boutique propose également des recettes inspirées de la famille Légaré : galette de sarrasin traditionnelle, beignes, gâteau du moulin, biscuits à la mélasse, carrés d’énergie, crêpe du meunier et même le « pain de Lucille ». Autant de façons de prolonger l’expérience à la maison.
50 ans d’histoire… et la suite
Classé monument historique par le gouvernement du Québec en 1976 et acquis par la Ville en 1978, puis confié à la Corporation du Moulin, devenue Patrimoine culturel Vieux-Saint-Eustache, le site demeure un pilier identitaire. Le Festival de la Galette, qui met à l’honneur la farine produite sur place, en est l’exemple le plus connu.
« Les premières années ont été beaucoup consacrées au moulin. Aujourd’hui, on poursuit cette mission, mais on développe davantage le volet muséal et les expositions », souligne Michel Goyer, président du Patrimoine culturel Vieux-Saint-Eustache. Du 2 au 8 mars, Patrimoine culturel Vieux-Saint-Eustache organisera des visites et ateliers au moulin Légaré et au manoir Globensky, pour les jeunes en congé de relâche.

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