L’endroit n’est pas anodin puisque c’est le « King des bosses » lui-même, sachant depuis un certain temps déjà que cette année de compétition serait la dernière pour lui, qui a demandé à ce que ces Championnats canadiens se déroulent là où tout a commencé pour lui. En effet, c’est sur les pistes du Sommet Saint-Sauveur, il y a 25 ans, que cette grande aventure en ski acrobatique a véritablement pris son envol.
C’est là qu’il s’est initié au ski dès l’âge de 4 ans. C’est là qu’il s’est joint à l’école de ski de bosses à l’âge de 7-8 ans. Et c’est sur la même pente #70 qu’il a descendue en fin de semaine dernière, qu’il a pris part à ses premières épreuves.

Un autre fait d’armes
Et, une fois de plus, le résident de Saint-Joseph-du-Lac et ambassadeur de Tourisme Basses-Laurentides a été impérial. Il a profité de ce tout dernier tour de piste pour remporter, devant des centaines de personnes reconnaissantes pour tout ce qu’il a apporté à son sport, deux autres médailles d’or, ses 14e et 15e, à des Championnats canadiens de ski acrobatique.
Un autre fait d’armes qui s’ajoute à ses 100 titres (le 100e, remporté à Val Saint-Côme, en janvier dernier), à ses 143 podiums en 169 départs et ses 29 globes de cristal sur le circuit de la Coupe du monde. Le « King des bosses » compte aussi 15 médailles en 16 départs aux Championnats du monde, dont neuf d’or. Et c’est sans oublier ses cinq médailles olympiques en cinq départs, dont deux (une d’or et une d’argent) remportées début février aux Jeux d’hiver de Milano-Cortina.
Un total donc de 163 médailles en 190 épreuves dans ces trois compétitions à haut niveau pour un taux d’efficacité d’un peu plus de 85 %.
« Mikaël Kingsbury nous a offert des années de moments qu’on n’oubliera jamais. Pas seulement parce qu’il gagnait, mais aussi par sa façon de se présenter, de performer et de porter tout ce qui venait avec la compétition […] Ce qu’il a accompli dans ce sport est tout simplement incroyable. Les médailles, les victoires, l’histoire qu’il a écrite, tout cela parle de soi. Mais ce que les gens retiendront est beaucoup plus profond. Son dévouement. Sa constance. L’amour qu’il avait pour son sport. Cette capacité à rendre l’excellence presque naturelle, alors qu’on sait très bien tout ce que cela demandait en sacrifices », a écrit Freestyle Canada sur sa page Facebook.

Aucun regret
Outre la compétition et les victoires qu’il a remportées lors de ces deux journées de ski à Saint-Sauveur, il s’agissait évidemment pour Mikaël Kingsbury, père d’un jeune garçon, de moments pour le moins émouvants, lui qui était entouré de sa conjointe Laurence et des autres membres de sa famille.
Son frère aîné, Maxime qui, tout comme sa sœur Audrey, s’est adonné au ski de bosses avant de se consacrer pleinement à la chiropratique, a même accepté de renouer, le temps d’une descente, avec la compétition. C’est bien sûr le bambin de la famille qui l’a emporté lors des rondes préliminaires de l’épreuve de bosses en parallèle qui a lieu samedi après-midi.
Cette décision, qui a commencé à lui trotter un peu plus dans la tête à la suite de la naissance, au mois d’août 2024, de son fils Henrik et qui s’est précisée l’automne dernier, Mikaël Kingsbury mentionne l’avoir prise en toute sérénité.
« J’y ai pensé un peu après les Jeux olympiques de 2022, Mais je savais que j’en avais encore dans le corps pour un autre quatre ans. Dès que mon garçon est né, cela a vraiment mijoté de plus en plus dans ma tête. Puis, c’est devenu concret. Je n’en ai pas parlé à beaucoup de monde, mais je savais que ça allait probablement être ma dernière saison cette année. Mon objectif principal cette année, c’était oui, de gagner ma 100e victoire, de gagner les Jeux olympiques, puis de prendre ma retraite. Mais, je savais que ça allait être difficile avec la blessure que j’ai eue. Par bout, je ne sais pas si j’allais être capable de le faire. Mais, tout est bien qui finit bien J’ai plus gagné que je ne l’aurais jamais cru. Je suis en paix avec mon sport. Je n’ai aucun regret » de partager avec votre hebdo L’ÉVEIL Mikaël Kingsbury, au lendemain de cette fin de semaine qui aura été pour lui « chargée » sur les plans physique et émotionnel.
Celui-ci avoue avoir complètement décroché après les Jeux olympiques. « Jusqu’à lundi dernier [le 23 mars], je n’avais pas mis mes bottes une fois. Ça m’a fait du bien de de juste pas penser à skier, de passer un peu de temps avec la famille. Je voulais aussi m’assurer d’être en forme pour terminer la saison. Je dois dire que je suis privilégié que cela se soit déroulé à la maison », mentionne Kingsbury, qui tient à remercier Sommet Saint-Sauveur, Freestyle Canada et Ski Accro Québec de lui avoir permis que tout ça se passe comme il le souhaitait

Une mère émue
De son côté, sa mère, Julie Thibaudeau qui, avec son conjoint Robert Kingsbury, a accompagné et encadré ses trois enfants sur les pentes de ski, avoue que cette fin de semaine a été à la fois « belle et grandiose ». Elle dit avoir vécu un autre moment particulier, rempli de « belles émotions », avec des gens qui étaient là au début de sa carrière, des amis, des connaissances et très important à ses yeux, sa petite famille.
« C’était émouvant. C’est le mot. C’était émouvant de voir la quantité de personnes qui étaient là, de recevoir tous ces messages d’amour, de finir cela ici, à sa montagne. Mikaël, c’est un p’tit gars reconnaissant. Pour lui, de redonner à Saint-Sauveur, de finir là, c’était important pour lui. C’est sur cette côte qu’il a rêvé dans sa tête qu’il gagnait des coupes du monde, des médailles aux Jeux olympiques, pendant que son père le filmait et lui donnait des pointages. Pour lui, c’était très symbolique. Il a fait le tour », de confier à votre hebdo L’ÉVEIL Mme Thibaudeau.
Si sa carrière de skieur est terminée sur le plan compétitif, Mikaël Kingsbury ne remisera pas pour autant ses skis. Ce mois-ci, il animera des camps de ski de bosses pour adultes (le vendredi 17 avril) et jeunes (les samedi 18 et dimanche 19 avril) au Sommet Saint-Sauveur.
Si d’autres projets l’occuperont au cours des prochains mois, une chose est sûre : c’est qu’il dévalera aussi, pour son plus grand plaisir, les pentes avec fiston…

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