Depuis l’ouverture de la centrale d’accréditation la semaine dernière, les bénévoles défilent, les téléphones ne dérougissent pas, les camions se confirment à la dernière minute. Deux semaines, jour pour jour. Le compte à rebours ne se lit plus sur un calendrier, il se sent dans le ventre.
« Si on ne savait pas que la finale est dans deux semaines, on s’en rendrait compte tous les jours », lance Geneviève Fournier.
Elle parle d’un marathon. Pas un sprint. Un marathon… avec des propriétés de sprint. Long sur la durée, mais exigeant à chaque foulée. « Je n’ai jamais couru de marathon, mais en ce moment, je me sens comme au 40e kilomètre », dit-elle en riant. Les derniers kilomètres, ceux où l’adrénaline prend le relais.
Depuis un an, le comité organisateur a bâti l’événement pierre par pierre. Le buzz s’est installé tôt : Team White, Pixmob – la même entreprise derrière le Super Bowl et les Jeux olympiques – des cérémonies annoncées comme grandioses. Blainville s’apprête à accueillir la 60e Finale des Jeux du Québec avec des attentes à la hauteur de l’ambition.

Et c’est peut-être ça, le vrai vertige.
« Avec l’engouement, viennent les attentes. Est-ce qu’on va les atteindre? » admet François Rioux. Impossible d’être juge et partie. Le verdict appartiendra aux athlètes, aux familles, aux bénévoles, à la communauté.
Justement, la communauté répond présente. Plus de 2 300 bénévoles sont déjà inscrits. L’objectif de 2 500 demeure atteignable. Les quarts de travail les plus exigeants – stationnement, montage des plateaux sportifs, transformation des écoles en lieux d’hébergement en quelques heures à peine – demandent encore des bras. Mais la finale n’est pas à risque. Loin de là.
Ce qui empêche de dormir? Les micro-détails.
Un cocktail d’ouverture pas assez fignolé. Une décision prise trop vite. Une idée abandonnée. « La pire décision, c’est de ne pas en prendre », tranche Geneviève. Dans un échéancier compressé, la réactivité devient une philosophie.
L’équipe, jeune, coachable, a été plongée dans le feu dès le départ. Pas de six mois pour apprivoiser le poste. Une semaine pour performer. « On a vu des gens se transformer », dit-elle avec fierté. Des coordonnateurs gagner en confiance, incarner leur rôle, prendre des initiatives. Comme les athlètes, les employés aussi sortent grandis de l’aventure.
François, lui, refuse de prendre le crédit. Il parle réseau, collectif, leadership partagé. Des idées votées qui n’appartiennent plus à personne, sinon au comité. « Ce n’est pas le projet de François. Ce n’est pas les Jeux de Geneviève. »
Dans un mois, l’équipe se dissoudra. Chacun repartira vers d’autres projets, d’autres villes. Mais pendant quelques semaines, ils sont un bloc. Une équipe soudée par l’urgence et par quelque chose de plus grand qu’eux.
Si on leur demande de résumer cette édition en trois mots?
Mémorable.
Inspirant.
Fierté.
La fierté d’un projet qui passe une fois aux vingt ans dans une ville. La fierté d’avoir porté l’idée jusqu’au bout. La fierté, surtout, d’avoir fait équipe.
À 40 kilomètres, on ne regarde plus la ligne de départ. On regarde devant. Et on continue d’avancer.
Et maintenant, le plus important : Place aux Jeux!

MOTS-CLÉS
Jeux du Québec 2026
François Rioux
geneviève fournier
ouverture des jeux
Blainville