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Kariboo, championnes du monde

Photo courtoisie – L’équipe canadienne Kariboo, composée notamment de deux athlètes de la région, a remporté le titre mondial en catégorie Masters (40+) lors des Championnats mondiaux de rafting.

Kariboo, championnes du monde

Publié le 19/01/2026

En décembre dernier s’est déroulée la finale des Championnats mondiaux de la International Rafting Federation (IRF) tenus en Malaisie. Dans la catégorie des Masters (40+), l’équipe canadienne Kariboo, composée de quatre athlètes féminines de 40 ans et plus, dont deux provenant des Laurentides, a été déclarée championne du monde.

Remportant l’or à l’épreuve du sprint, Kariboo était assurée d’être en demi-finale du Head-to-Head. Toutefois, une erreur de choix est survenue faisant douter l’équie, ce qui leur a fait rater la finale A, mais elles s’en sont sortie avec une médaille de bronze à la finale B face au Costa Rica. En slalom, exécution rapide et efficace a permi d’arriver en deuxième place pour la médaille d’argent. Puis, la dernière épreuve, le downriver. Le clou du spectacle. Placées dans la première vague de départ aux côtés du Costa Rica et de la Norvège, les Canadiennes étaient très nerveuses de cette ultime épreuv

« La journée d’avant, on avait déjà descendu la rivière, analysait Mme Prud’homme. On était un peu inquiètes, mais confiantes en même temps.  On avait bien analysé la rivière, on connaissait bien nos lignes, on savait où passer, mais on était quand même stressés. Tout peut toujours arriver. Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini ».

Au départ, Kariboo ont pris les devants dès le départ. Puis, dépassée à mi-parcours par les Norvégiennes. Toutefois, le calme revenu, elles ont exécuté un dépassement revenant et c’était gagné. Kariboo a terminé première de la première vague avec 1 minute 9 secondes d’avance sur les Norvégiennes. Dans la deuxième vague, les Slovaques ont fini première de leur vague, mais 47 secondes les séparaient des Canadiennes. L’or est remporté au Downriver et le titre mondial au classement général a été remis à l’équipe canadienne. Une chance inestimable pour elles.

« La vie n’est pas facile, et puis d’avoir la chance d’être sélectionné et de participer à des événements comme ça, c’est un privilège » soulignait Mme Prud’homme.

Laurentiennes et championnes

Capitaine et avant gauche de l’équipe, inhalothérapeute à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et résidente de Saint-Joseph-du-Lac, Karine Corriveau connaissait le milieu du rafting depuis ses vingt ans, au début des années 2000. Rapidement, le sport devient central dans sa vie. En 2008, elle prend une année sabbatique pour approfondir sa formation en sports d’eau vive, notamment en kayak et en canot. Ce détour lui ouvre de nouvelles portes.
« Après, je suis partie au Mexique l’hiver, puis quand je suis revenue au Québec, j’étais encore en congé. L’été suivant, j’ai commencé à compétitionner plus sérieusement. »

Dès 2010, elle participe à des compétitions internationales, dont les Championnats panaméricains au Brésil, où son équipe décroche l’or. Quelques années plus tard, elle fonde sa propre équipe féminine, avec laquelle elle prendra part aux Championnats du monde de 2015, terminant sixième.

« À ce moment-là, j’avais atteint mon objectif : faire un championnat du monde dans ma vie », confie-t-elle.

Native de Saint-Eustache, Karine Prud’homme, situé à la position d’avant droite, mère de trois enfants est passionnée de rafting. Elle a rencontré Karine Corriveau durant l’adolescence et c’est cette dernière qui lui a permis de développer une passion pour le rafting. Depuis, ce sont 15 années d’expérience qu’elle s’est bâtie jusqu’à aujourd’hui. Après une escapade dans le Colorado, dans le Grand Canyon, avec Karine Corriveau, devenue maman après 2015, elles ont décidé de créer une équipe ensemble, ce qui était une première pour Mme Prud’homme, qui n’avait jamais été dans une compétition.

« Comme j’avais un intérêt et des habiletés, avec les années, j’ai fini par en faire de façon intensive et compétitive », disait-elle. 

Master ou pas Master

Puis, après quelques années d’entrainement et de quelques compétitions, le championnat en Malaisie arrive. L’équipe Kariboo s’est inscrite dans la catégorie Master, mais en mentionnant qu’elles auraient pu facilement s’inscrire dans la catégorie Open avec les plus jeunes. Pour Kariboo, cela aurait été une double fierté de gagner dans la catégorie Open, puisque les plus âgées peuvent avoir des désavantages que les jeunes sportives n’ont pas.

« On parle d’engagements familiaux que les jeunes n’ont pas et même d’avantages financiers qu’ils bénéficient [comme des sponsors) et que nous ne bénéficions pas et qu’on doit souvent payer de notre poche pour participer », explique Mme Corriveau.

Malgré cela, la reconnaissance et la valorisation des sportives de 40 ans et plus sont importantes pour elles. Malheureusement, la catégorie Master est menacée d’être complètement erradiquée. En effet, les deux fédérations de rafting [la World Rafting Federation et la International Rafting Federation] prévoient de fusionner ensemble et de réécrire un nouveau livre de règlements dans lequel, la catégorie Master sera absente une course sur deux. Dans le but de contrer cette disparition, une pétition a été créé par les membres de l’équipe canadienne pour que les masters soient présents dans les deux courses. La pétition cumule maintenant plus de 500 noms d’athlètes.

Durant la compétition, les deux Karine avaient à leurs arrières Marilou Henrard (arrière droite) et Sarah Bédard (arrière gauche), en remplacement de Annick Laviolette, qui ne pouvait être présente pour des raisons professionnelles.