Entrée officiellement en fonction le lundi 4 mai dernier, Marie-Ève Fortin compte 12 ans de service au sein de l’organisme régional dont la mission est de soutenir les personnes et familles de la MRC de Deux-Montagnes et du sud de Mirabel lors de difficultés financières et sociales. Elle a d’abord été engagée pour un poste occasionnel, après avoir travaillé pour le Carrefour jeunesse emploi de la MRC de Deux-Montagnes. Puis, elle a œuvré comme intervenante communautaire à temps plein jusqu’à cette récente nomination.
Également, Dominique Bastenier a fait son entrée au Centre d’entraide à la faveur d’un contrat. D’origine belge, nouvellement arrivée dans la région avec son conjoint québécois, elle désirait alors acquérir un peu d’expérience de travail dans son pays d’adoption. Elle aura finalement été à l’emploi de l’organisme pendant 30 ans, 16 comme intervenante communautaire et 14 comme directrice après le départ de son prédécesseur, Robert Grégoire.
Coïncidence ou pas, le parcours de Dominique Bastenier et de Marie-Ève Fortin pour parvenir à ce poste de directrice se ressemble, mais n’étonne pas puisque c’est dans l’ADN même du Centre d’entraide Racine-Lavoie de voir ses employés occasionnels demeurer en poste pendant de très longues années et de puiser parmi eux lorsque des postes se libèrent.
S’inspirer de l’héritage laissé
Ce constat fait, Marie-Ève Fortin souhaite, bien sûr, s’inspirer de l’héritage que lui laisse sa prédécesseure. « Dominique a beaucoup fait rayonner le Centre d’entraide qui s’est beaucoup développé. Les gens commencent à nous connaître de plus en plus. On a une grande visibilité aussi au niveau des réseaux sociaux, des partenaires, comme le milieu des affaires. Dominique a comme sorti, je pense, le Centre d’entraide de sa coquille », constate la nouvelle directrice qui vient de célébrer, il y a quelques jours à peine, son 39e anniversaire de naissance.
D’accord avec ces propos, Dominique Bastenier ajoute que le Centre d’entraide, fondé il y a déjà 54 ans, a su s’adapter aux réalités du milieu, notamment avec la crise de la COVID-19 qui a changé les façons de fonctionner et l’accueil de nouveaux arrivants.
« La mission reste la même, mais les services se sont adaptés et bonifiés, comme la livraison alimentaire, les horaires élargis pour la distribution alimentaire, la clinique d’impôts devenue un service à longueur d’année. Le Centre a fait preuve de flexibilité pour répondre aux besoins changeants », résume, en entrevue avec votre hebdo L’ÉVEIL et en compagnie de sa successeure, celle qui vient d’avoir 65 ans.

Les défis à venir
La nouvelle directrice souhaite, bien sûr, imprégner sa marque, mais devra d’abord stabiliser l’équipe après deux départs presque simultanés à la retraite, ceux de Dominique Bastenier et de Mireille Émond, adjointe administrative, qui quitte pour sa part après 26 ans de service. Elle sera remplacée par Roodeline Jean-Brice, déjà en fonction.
Le poste d’intervenante communautaire laissé vacant doit aussi être comblé; le processus à cet égard étant en cours. Une fois cela fait, Mme Fortin pourra compter sur une équipe complète de huit employés.
Aussi, celle-ci souhaite, à titre de nouvelle directrice, que les gens connaissent encore plus les services qui vont au-delà de la distribution alimentaire à laquelle est étroitement associé l’organisme depuis ses débuts. Un ensemble de services qui s’adresse à une clientèle en mouvance avec les nouveaux arrivants et les familles de classe moyenne qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
« Notre but à nous, c’est vraiment que les gens aient des outils pour se sortir de la distribution alimentaire, un service de dernier recours. On parle donc de cuisines collectives, des activités de boîtes à lunch, d’implication dans le milieu, de la reprise du pouvoir sur ses finances, d’accompagnement et de référence, un gros volet de notre travail. Je veux vraiment que le Centre soit reconnu pour ses autres services », mentionne, confiante d’y arriver avec la « solide équipe » qu’elle a à ses côtés, Marie-Ève Fortin.
Le financement, source de stress
À tout cela s’ajoute l’enjeu du financement et les difficultés, outre le fait d’avoir à en trouver à tout moment de l’année ici et là, qui y sont associés, comme d’offrir des salaires compétitifs, des conditions de travail décentes, et de voir à assurer la pérennité des services. La mobilisation « Le communautaire à boutte », à laquelle le Centre d’entraide a pris part en avril dernier, témoigne de cette réalité.
« Il faut faire des demandes, les planifier, mais le plus difficile, c’est d’attendre. Est-ce que c’est accepté ou pas ? C’est du stress. À un moment donné, on ne pourrait pas avoir un financement de base adéquat qui est reconnu ? », lancent Mmes Bastenier et Fortin.
Partir l’esprit tranquille
Encore quelques semaines et Mme Bastenier quittera pour laisser toute la place à Marie-Ève Fortin d’imprégner sa couleur et sa personnalité au Centre d’entraide Racine-Lavoie, comme elle-même a eu l’occasion de le faire à ses débuts. « Je viendrai faire mon tour pour dire bonjour, mais je ne serai pas bénévole. Je ne veux pas jouer à la belle-mère », dit-elle.
« Je pars l’esprit tranquille après 30 ans. C’est beaucoup plus qu’un départ à la retraite pour moi. Le Centre, c’est un organisme qui me tient beaucoup à cœur. Il y a une âme ici. Je sais que Marie-Ève va amener le Centre ailleurs, mais elle va garder les valeurs fondamentales et la mission du Centre. J’en suis convaincue », de conclure Dominique Bastenier.
Pour en savoir davantage sur le Centre d’entraide Racine-Lavoie : visitez le site web et la page Facebook du centre.

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