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Quand le défi d’un seul homme devient celui de tous

Photo courtoisie – Défi réussi pour Yan Bonhomme et Louis Marois !

Quand le défi d’un seul homme devient celui de tous

Publié le 02/10/2026

Contraint, en raison d’une blessure au tendon d’Achille gauche, d’arrêter de courir pendant son Défi 911 km afin d’éviter des complications, Louis Marois a vite constaté qu’il n’était pas seul.

Des amis, des collègues de travail, mais aussi des gens qu’il ne connaissait pas, se sont mobilisés au parc national d’Oka durant les trois derniers jours pour parcourir ensemble les 209 km restants.

Une grande mobilisation qui a permis au Défi 911 km de se terminer avec plus de 1 000 km parcourus en 11 jours, dont 702 km par le résident d’Oka de 54 ans avant son arrêt au jour 9.

En outre, plus de 30 000 $ ont été amassés au profit de la maison La Vigile, un organisme venant notamment en aide aux intervenants d’urgence, dont ceux qui, comme lui, exercent le métier de paramédic depuis 30 ans.

Aux prises avec des problèmes de santé mentale liés à son travail, Louis Marois avait lui-même fait appel à la maison La Vigile en janvier 2018. Cette aide lui a permis d’aborder son travail de paramédic différemment. Reconnaissant pour le soutien reçu, il souhaitait « redonner au suivant » avec ce Défi 911 qu’il préparait avec son bon ami Yan Bonhomme depuis octobre 2025.

Un engouement pour le défi

Pour Louis Marois, courir 911 km en 11 jours devait être, croyait-il, un défi qu’il allait réaliser seul; du moins, en grande partie. Or, dès les premières journées, des participants se sont relayés pour courir à ses côtés, certains arrivant dès 5 h 30. « J’avais des gens toute la journée », raconte-t-il, surpris de n’avoir pratiquement jamais eu à courir seul, même les jours en semaine.

Au fil des kilomètres, le défi a pris une dimension profondément humaine. Paramédics, travailleurs des services d’urgence et citoyens de différents horizons sont venus courir avec lui et partager des histoires parfois bouleversantes.

« Le défi a vraiment créé un engouement. À un moment donné, mardi ou mercredi, j’ai fait : OK, ce n’est plus juste mon défi, c’est aussi celui des gens. L’objectif de faire connaître la maison La Vigile, de faire prendre conscience de cette cause-là et de ramasser des fonds était atteint. L’objectif de faire aimer la course aux gens également », raconte Louis Marois, actuellement en convalescence pour six semaines afin de permettre à son tendon d’Achille de se rétablir.

« Il y a des gens qui m’ont dit que je leur avais donné l’envie de courir dans la forêt, sans avoir un chronomètre dans la main. C’est prouvé scientifiquement que ça agit comme un antidépresseur, comme ressourçant. Et j’ai aussi fait connaître à des gens de tout partout le parc national d’Oka », ajoute-t-il.

Sur un sentier forestier rocailleux, cinq personnes courent entre les arbres, sous une lumière printanière
Photo courtoisie – Dès les premières journées, et même en semaine, des participants se sont relayés pour courir aux côtés de Louis Marois.

Un début prometteur

Déjà, au coup d’envoi du Défi 911 km, le vendredi 11 septembre dernier, à 9 h 11, l’appui à la cause était palpable. Des dizaines d’amis, de collègues et de proches étaient sur place, notamment sa fille Éloïse Marois, qui a marché à ses côtés à quelques occasions, ainsi que son ex-conjointe Isabelle Drouin et le conjoint de celle-ci, qui l’ont accompagné à la course à quelques reprises.

Le maire d’Oka, Patrick Hardy, qui a également couru avec lui, était aussi présent, tout comme un certain André Martin venu tout simplement témoigner sa reconnaissance envers celui dont l’intervention lui avait sauvé la vie en février dernier. Ce dernier a d’ailleurs été présent sur place huit jours durant le défi.

Comme prévu, Louis a parcouru 84 km durant cette première journée, en compagnie de nombreux coureurs. Le matin même, le cap des 20 000 $ était atteint. Malgré la fatigue et les ampoules aux pieds, les kilomètres se sont accumulés les jours suivants, entre 6 h et 20 h 30, à coup de 84 km, et les dons ont continué d’affluer. L’objectif de 25 000 $ semblait alors largement à portée de main.

Sur un chemin forestier, plusieurs personnes courent et deux cyclistes avancent sous les arbres, dans une lumière estivale
Photo courtoisie – Un parcours somme tout pas si facile que cela attendait Louis Marois et ceux qui l’ont accompagné pour courir avec lui.

Une blessure qui change tout

Mais le petit 5 % de chances qu’il ne complète pas son défi, chiffre qu’il s’était lui-même fixé, s’est concrétisé le samedi 19 septembre, vers midi. Louis avait alors couru 31 km. L’état de son tendon d’Achille gauche s’étant grandement détérioré, il a convenu, avec son entourage, d’arrêter de courir afin de protéger sa santé.

Dès lors, un appel à tous a été lancé et le Défi 911 km est devenu plus que jamais celui de tous. Des dizaines de personnes, en groupe, en famille, entre collègues, avec des amis ou seules, ont spontanément pris sur elles de compléter les 209 km restants, et même de dépasser les 1 000 km parcourus.

« Cette blessure, c’est dommage pour moi qu’elle soit arrivée. Mais, en même temps, cette blessure-là a fait exploser le défi vers le haut. C’est bizarre, c’est vraiment là qu’on voit que la performance physique individuelle, ça devient secondaire à un moment donné », témoigne Louis Marois.

Sur un parking, deux personnes présentent une affiche devant une ambulance et des camions de pompiers, au crépuscule
Photo courtoisie – Louis Marois reçoit ici un encadré souligné la réussite de ce Défi 911 km de la part d’André Martin, un patient qu’il a réanimé le 8 février dernier sans séquelle et présent huit jours durant le défi.

Une aventure qui se poursuivra…

Celui-ci souhaite remercier tous ceux qui sont venus courir avec lui et pour la cause, ceux qui l’ont encouragé, les bénévoles, les personnes qui lui ont facilité la tâche sur le plan matériel et logistique, ainsi que les donateurs qui, grâce à leur générosité, ont contribué à amasser plus de 30 000 $.

Il n’oublie pas son proche entourage qui l’a accompagné tout au long de cette folle aventure : son père Jean-François Marois, sa mère Nicole Ladouceur, sa fille Éloïse, son ex-conjointe Isabelle, ainsi que ses amis Yan Bonhomme, Benoit Labrèche, Maryline Dubé, Bruno Lamontagne, Danny Despatie, Marie Claude Marquis et Isabelle Leclerc.

Une aventure qui n’est pas tout à fait terminée, car l’idée de renouveler l’expérience sous une autre forme n’est pas exclue. « Oui, beaucoup de gens souhaitent revivre cette expérience collective, sans le stress de la compétition, avec l’inscription sous forme de don à la maison La Vigile », conclut l’Okois.

Pour suivre le Défi 911 km, consultez la page Facebook.