Fondé par son père Guy Brunet, le salon est devenu, au fil des ans, une véritable institution dans le Vieux-Saint-Eustache. IDÉ (Innovation et Développement économique) Saint-Eustache, le bras économique de la Ville de Saint-Eustache, a profité du lancement du roman écrit par Sylvain Brunet, tenu au mois de juillet dernier à la bibliothèque Guy-Bélisle, pour rendre hommage à cette entreprise.
Au nom d’IDÉ Saint-Eustache et de la Ville de Saint-Eustache, Marie-Pier Côté, directrice du développement économique, a remis un panier de produits locaux à Guy et Sylvain Brunet afin de souligner l’apport de ce commerce à la vie économique eustachoise.

Une photo datant des années 1960 avec Guy Brunet (à droite) et son employé.
Un peu d’histoire…
Ouvert le 4 mai 1958 au 112, rue Saint-Eustache, dans l’appartement que les parents de Guy Brunet louaient, le salon est demeuré à cette même adresse lorsque ces derniers ont acheté une maison sur cette même rue. C’est en 1995 que Guy Brunet et son fils Sylvain, qui s’était joint à lui comme barbier en 1986, ont déménagé au 98, rue Saint-Eustache. Au fil des ans, trois coiffeuses se sont jointes à eux : Guylène, il y a 13 ans, Julia, il y a 11 ans, et Yulia, il y a quelques mois.
« Lorsqu’il a ouvert, en 1958, mon père travaillait seul. Mais quelques mois plus tard, la demande était tellement forte qu’il a dû engager un autre barbier pour travailler avec lui. Mon père a travaillé comme barbier pendant 65 ans, jusqu’à ses 81 ans. Il a pris sa retraite lors de la pandémie de la COVID-19. Il a maintenant 87 ans », mentionne Sylvain Brunet qui, dans son roman « Le silence des champs », rend hommage à son père par l’entremise de l’un de ses personnages, Guy Bélamy, un barbier québécois installé aux États-Unis.
Sylvain Brunet se rappelle que sa décision de devenir barbier remonte à l’époque où il était au cégep et qu’il ne savait pas quel travail il allait exercer. « Je voyais mon père qui était heureux de faire ce métier depuis des années, alors j’ai décidé d’aller suivre un cours de barbier et je ne l’ai jamais regretté », raconte Sylvain Brunet, dont l’oncle Claude, le frère de son père, a aussi été barbier pendant plus de 40 ans au centre commercial Place Saint-Eustache.
S’il n’y a pas eu beaucoup de changements dans les coupes de cheveux au fil des ans, Sylvain Brunet se rappelle cependant que l’arrivée des Beatles a créé beaucoup de remous avec la mode aux cheveux longs qu’elle a entraînée. « Cela a été une période difficile pour les barbiers. Mon père n’a jamais aimé les Beatles à cause de cela », relate-t-il.
Un père au grand cœur
M. Brunet tient également à souligner que son père a toujours eu un grand cœur et qu’il n’hésitait pas à aider les autres : « J’ai vu mon père prêter de l’argent à des personnes défavorisées et il savait qu’il ne reverrait jamais cet argent. Il le faisait de bon cœur. Un jour, pendant que je travaillais, un homme se présente au salon et je le reconnais. C’était une personne que mon père avait aidée 20 ans plus tôt. Le monsieur dit : “Bonjour M. Brunet! Je viens vous rembourser l’argent que je vous dois.” Mon père l’a reconnu tout de suite. Il lui a dit d’oublier cela, mais le monsieur a insisté et mon père a fini par accepter son argent pour ne pas l’offenser. L’homme en question est reparti et on ne l’a jamais revu. »
Même si Sylvain Brunet a aujourd’hui dû délaisser le métier, l’histoire du salon se poursuit au 98, rue Saint-Eustache, où Guylène, Julia et Yulia assurent la continuité de cette entreprise familiale fondée par Guy Brunet en 1958.

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