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CCI2M : Sous la surface, la relance est déjà en marche

Photo Dany Baribeau – À la tête de la CCI2M, Stéphane Patrie entend remettre l’organisation sur des bases solides.

CCI2M : Sous la surface, la relance est déjà en marche

Publié le 07/04/2026

La Chambre de commerce repart. Pas doucement, pas à moitié. « La tâche est colossale », admet Stéphane Patrie, élu président du conseil d’administration après la récente période de turbulence qui a secoué le rassemblement d’affaires. Le constat est sans détour : il faut reconstruire les bases avant de relancer la machine.

Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, le chantier est amorcé. On parle ici d’une organisation à remettre à niveau dans ses fondations : gouvernance, processus, finances. « On est en train de tout revoir », résume M. Patrie. Rencontres, comités, audit interne et externe : aucun effort ne sera ménagé pour remettre la Chambre de commerce et d’industrie MRC de Deux-Montagnes (CCI2M) sur les rails.

Faire ses devoirs

Dans l’immédiat, l’objectif est clair : se redonner une lecture juste de la situation. Rebalancer les chiffres, remettre en place des protocoles, clarifier les rôles. Un travail peu visible de l’extérieur, mais jugé essentiel pour assurer la suite. « Même si ça ne paraît pas tout de suite, il faut corriger ce qui doit l’être pour repartir sur des bases solides », souligne Arianne Collin, directrice générale de la CCI2M.

Le changement se fait aussi dans la dynamique. Passée de six à treize administrateurs, l’équipe mise sur une intelligence collective plus large, mais aussi plus directe. « Ça n’a pas niaisé », résume Stéphane. Des décisions rapides, portées par des gens d’affaires habitués à trancher.

Sur le terrain, les premiers signes de relance commencent à apparaître et Stéphane Patrie ne s’en cache pas, l’accueil qu’il a reçu au Dîner de la femme du 12 mars l’a surpris. « Je ne m’attendais pas à ça, certains partenaires sont venus me voir pour me dire “enfin !” », confirme-t-il.

« On sent que les gens ont envie de revenir », renchérit Arianne Collin. La communication, les appels, les rencontres reprennent, des gestes simples, mais essentiels pour rebâtir le lien. Car au-delà des structures, c’est aussi une question de confiance.

Deux personnes se serrant la main dans un bureau, devant un mur avec texte corporatif, dans un contexte professionnel intérieur.
Photo Dany Baribeau – Stéphane Patrie et Arianne Collin amorcent la relance de la CCI2M après une période de turbulence.

Les événements, plus qu’un symbole

Au cours des dernières années, l’annulation de certains événements phares a laissé des traces. Au-delà de la programmation, c’est l’image et la crédibilité de la Chambre qui ont été affectées. Parce que ces rendez-vous ne sont pas qu’une vitrine : ils sont le cœur du modèle. C’est là que les liens se créent, que les échanges se font, que la confiance se bâtit. L’incertitude les entourant ou leur annulation pure et simple a fragilisé plus que le calendrier.

Leur retour devient donc un passage obligé pour réactiver ce qui fait la force même d’une Chambre de commerce : le contact humain. « Rencontrer du monde, des poignées de main, ça ne se remplace pas », insiste Stéphane Patrie.

Dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante, notamment chez les jeunes entrepreneurs, l’enjeu est réel. Plusieurs ont intégré ces outils à leur quotidien, au point de redéfinir leur manière de réseauter. « Aujourd’hui, il y en a qui se demandent s’ils ont encore besoin de se déplacer, alors que tout peut se faire en ligne », observe quant à elle Arianne Collin.

Mais cette proximité demeure partielle, croit-elle. Car si les plateformes permettent de multiplier les contacts, elles ne remplacent pas la qualité d’un échange en personne. Une poignée de main, une discussion directe, une présence sur le terrain. À cet égard, la Chambre entend rappeler sa pertinence, en misant sur ce que le virtuel ne peut pas offrir.

Personne assise à un bureau avec ordinateur portable, téléphone et documents, dans un espace de travail intérieur bien éclairé.
Photo Dany Baribeau Arianne Collin, directrice générale de la CCI2M, supervise les démarches de réorganisation de l’organisation.

Passage obligé

La suite se jouera dans les prochains mois. L’organisation s’est donné un horizon d’environ trois mois pour remettre de l’ordre à l’interne, stabiliser ses opérations et relancer ses activités de manière cohérente. Un passage obligé, dans un contexte où les attentes sont élevées et la marge de manœuvre limitée.

Malgré l’ampleur du chantier, les premiers signes sont là. Les membres recommencent à répondre, les événements reprennent, les téléphones sonnent. Les partenaires qui semblaient plus hésitants depuis un certain temps témoignent de leur confiance. La relance ne sera peut-être pas visible immédiatement, mais elle est bien enclenchée insiste Arianne : « Le canard semble naviguer paisiblement, mais sous l’eau, les pattes vont vite ».