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Les JO de Montréal, 50 ans plus tard

Photo : Les Éditions Saint-Jean

Les JO de Montréal 1976 : 50 ans | 50 souvenirs retrace des événements méconnus entourant les Jeux olympiques et met en lumière leur importance au-delà des résultats sportifs.

Les JO de Montréal, 50 ans plus tard

Publié le 20/07/2026

Le cinquantième anniversaire des Jeux olympiques de Montréal ravive bien plus que des souvenirs sportifs.

Dans leur ouvrage Les JO de Montréal 1976 : 50 ans | 50 souvenirs, les auteurs Luc Desilets et Nathalie Dubois proposent une plongée dans l’un des événements les plus marquants de l’histoire contemporaine du Québec, en explorant aussi bien les exploits athlétiques que les enjeux politiques, culturels et sociaux qui ont façonné cette aventure collective.

Pour Luc Desilets, l’idée de ce livre est née dans la continuité d’un précédent succès consacré à l’Expo 67.

« J’avais fait un livre pour le cinquantième anniversaire de l’Expo 67, qui avait très bien fonctionné. J’ai proposé à mon éditeur de reprendre le même concept pour les Jeux olympiques, mais en allant chercher des histoires moins connues, des souvenirs qu’on n’avait jamais entendus », explique-t-il.

Le projet, amorcé il y a plusieurs années, s’est transformé en véritable travail d’enquête historique.

« C’est mon huitième livre et ça a vraiment été le plus compliqué. On a passé des mois à valider, revérifier et confronter les sources. Dans la dernière année, on a travaillé pratiquement sept jours sur sept », raconte l’ancien député fédéral.

Des Jeux qui ont marqué toute une génération

Pour Nathalie Dubois, qui avait 12 ans lors des Jeux de Montréal, ce projet possédait une résonance particulièrement personnelle.

« Les Jeux olympiques m’avaient beaucoup interpellée à l’époque. Je découvrais tout un nouveau monde. On ne connaissait pas autant de sports qu’aujourd’hui et, tout à coup, on avait accès à cette immense vitrine internationale », se souvient-elle.

Elle rappelle également l’importance qu’a eue la télévision couleur dans l’expérience des Jeux.

« Chez nous, on n’avait pas la télévision couleur. Deux semaines avant les Jeux, mon père est allé en acheter une parce que tout le monde faisait pareil. Ça a complètement changé notre façon de vivre cet événement », raconte-t-elle.

Les auteurs soulignent d’ailleurs que les Jeux de Montréal ont contribué à accélérer plusieurs innovations technologiques.

« Il y a eu un paquet d’innovations pour les Jeux de 1976. Ça a créé une pression pour toujours se dépasser d’une édition à l’autre », souligne Luc Desilets.

Jean Drapeau, visionnaire ou mégalomane?

Impossible d’aborder les Jeux de Montréal sans évoquer la figure du maire Jean Drapeau. À travers leurs recherches, les auteurs ont été amenés à porter un regard nuancé sur celui qui demeure l’un des personnages les plus marquants de l’histoire politique montréalaise.

« Au bout du compte, on lui doit le métro, l’Expo 67 et les Jeux olympiques. Montréal ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans lui », confie Luc Desilets.

« Jean Drapeau voulait faire de Montréal une ville internationale. Il avait des idées grandioses et il imposait sa vision des choses. Il a parfois tourné les coins ronds, mais il a aussi permis de réaliser des projets extraordinaires », ajoute Nathalie Dubois, reconnaissant du même coup les zones grises du personnage.

Les Jeux, miroir de la guerre froide

Le livre consacre également une place importante au contexte géopolitique de l’époque, notamment au dopage systématique pratiqué dans certains pays du bloc de l’Est.

« Pour donner un portrait complet des Jeux de Montréal, il fallait rappeler qu’il existait alors un système de dopage organisé dans plusieurs pays communistes, explique Nathalie Dubois. Ces athlètes ont remporté des médailles qu’ils n’auraient probablement pas gagnées autrement. »

D’après les auteurs, les Jeux de Montréal ont contribué à éveiller les consciences sur les pratiques de dopage dans le sport de haut niveau. Les performances et la condition physique de certaines athlètes avaient notamment soulevé des questionnements à l’époque.

Les auteurs rappellent également les conséquences dramatiques qu’ont subies plusieurs athlètes dopés à leur insu.

« Ils ont utilisé des jeunes sportifs comme des cobayes. Certains sont morts, d’autres ont gardé des séquelles à vie », déplore Luc Desilets.

Une fierté collective

Au-delà des controverses, des dépassements de coûts et des querelles politiques, Luc Desilets et Nathalie Dubois espèrent que les lecteurs retiendront avant tout l’ampleur de l’accomplissement québécois.

« Le Stade olympique est un chef-d’œuvre d’ingénierie. On peut critiquer certains choix, mais on doit être fiers de ce qu’on a accompli [qui démontre] la capacité des Québécois à faire de grandes choses », souhaite transmettre Luc Desilets.

« Il faut être fiers d’avoir accueilli les Jeux olympiques, rappelle Nathalie Dubois. Pendant longtemps, on a surtout parlé de la dette, mais on oublie qu’une ville comme Montréal a réussi à organiser un événement d’une ampleur exceptionnelle. »

Pour les deux auteurs, les Jeux olympiques de Montréal demeurent le symbole d’une époque où le Québec a osé se mesurer au monde — et prouver qu’il pouvait réussir.