Intitulé L’envers du spectacle, le concept est porté par Sophie Tessier et animé par Benoît Archambault, figure bien connue du milieu littéraire et culturel à Saint-Eustache.
L’idée est née d’un constat simple : les rencontres littéraires fonctionnent, le public est fidèle, curieux, engagé. « Pourquoi ne pas amener ce type d’échanges sur scène, avec des artistes qui viennent ensuite présenter leur spectacle ? », résume Sophie Tessier. L’objectif n’est pas de vendre un spectacle, mais d’en décortiquer la fabrication.
Pour Benoît Archambault, c’est précisément le chemin vers la scène qui fascine. « Le spectacle m’allume, mais le chemin pour s’y rendre m’allume encore plus », confie-t-il. Avec L’envers du spectacle, il souhaite créer un espace où l’artiste peut parler librement de doutes, de détours, de processus créatif, sans être en mode autopromotion. « On va avoir accès à la vulnérabilité de l’artiste », dit-il.
La formule se veut intime, cohérente avec l’ADN de la petite église. Un lieu qui, selon Archambault, ne pourrait pas être remplacé. « Cette proximité-là, cette chaleur avec le public, ça ne fonctionnerait pas ailleurs. » Les rencontres auront lieu les mardis soirs, dans un format accessible, tant sur le plan de l’horaire que du prix.
Chantal Lamarre brise la glace
La première rencontre, le 10 février, se fera avec Chantal Lamarre. Un choix assumé, notamment parce que l’humour se prête rarement à des discussions publiques sur l’écriture. « En humour, on parle peu du travail d’équipe, des textes écrits par d’autres, de la façon de se les approprier », explique Archambault, qui compte creuser ces zones rarement explorées.
Par la suite, le public pourra rencontrer Les Deux Frères, puis Hubert Proulx, accompagné de son fils, dans une rencontre qui promet d’aborder la création sous l’angle du lien familial.
Pour Sophie Tessier, la force du projet repose aussi sur la confiance que le milieu artistique accorde à l’animateur. « Quand on dit aux artistes que c’est Benoît qui va mener la discussion, ça les rassure. Ils savent qu’ils sont entre bonnes mains », souligne-t-elle. Un élément clé pour un projet qui demande aux invités de plonger, eux aussi, dans une certaine forme d’inconnu.
Cette relation de confiance ne se limite toutefois pas aux artistes. Le public eustachois connaît bien Benoît Archambault, tant pour ses nombreux projets artistiques que pour son rôle d’animateur des rencontres littéraires à la Bibliothèque de Saint-Eustache, qu’il pilote depuis plusieurs années déjà.
Trois soirs pour trente dollars
Les billets sont offerts à 12 $, taxes et frais inclus, avec un forfait à 30 $ pour les trois premières rencontres. « C’est le prix de cinq cafés », lance Benoît Archambault, rappelant la volonté de rendre la culture accessible et régulière, pas exceptionnelle.
Avec L’envers du spectacle, la petite église Cabaret Spectacle, ne propose pas un spectacle de plus, mais une rencontre différente. Un espace où l’on écoute moins ce qui est livré sur scène… que ce qui a permis d’y arriver.

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Les deux frères