icon journal
Le Manoir Globensky, gardien du temps

Le Manoir Globensky, gardien du temps

Publié le 20/02/2026

À Saint-Eustache, l’air que l’on y respire est aux saveurs historiques. À l’aube de son 50e anniversaire, Patrimoine culturel Vieux-Saint-Eustache affirme plus que jamais sa mission : faire connaître l’histoire locale avec rigueur, nuance et accessibilité.

Entre autres, l’une de ses attractions raconte les vestiges des rébellions patriotiques de 1837-1838 : le Manoir Globensky.

Dominant la rivière des Mille-Îles, le Manoir Globensky s’impose comme l’un des bâtiments emblématiques du Vieux-Saint-Eustache. Construit en 1861 par Charles-Auguste Maximilien Globensky, dernier seigneur des Mille-Îles et figure politique locale, l’édifice témoigne de l’essor économique que connaît la région au milieu du XIXe siècle.

Avec son architecture d’inspiration néoclassique, ses galeries élégantes et son implantation stratégique face à l’eau, le manoir reflète l’aisance d’une bourgeoisie d’affaires en pleine affirmation. Aujourd’hui classé immeuble patrimonial, il est devenu un lieu de diffusion culturelle et un espace de rassemblement.

Une exposition renouvelée et interactive

Intitulée Les Voix de la Révolte, la nouvelle exposition consacrée aux événements de 1837 propose une lecture plurielle des Rébellions. L’exposition, lancée au public en septembre dernier, mise sur une approche numérique et immersive. Cinq personnages historiques de la région (patriotes, loyaux et habitants) incarnent différentes perspectives du conflit.

Parmi eux, William Henry Scott, marchand et député d’origine écossaise, devenu plus tard premier maire de Saint-Eustache. Son parcours illustre les tensions internes au mouvement patriote : modéré pour certains, suspect pour d’autres, il a tenté de convaincre des insurgés de fuir après les défaites de Saint-Denis et de Saint-Charles.

« On voulait éviter une vision binaire. Il y a les chefs, bien sûr, mais aussi les habitants, qui formaient la majorité de la population et qui ont joué un rôle politique inédit en 1837 », explique Mélissa Bureau-Capuano.

Un témoin du développement régional

Au fil du temps, la résidence privée est devenue propriété municipale. Utilisée comme hôtel de ville pendant plus d’une trentaine d’années, elle sert maintenant de lieu d’exposition qui demeure toujours renouvelée avec l’introduction de la technologie dans la présentation de l’information. « On ne veut pas en faire un lieu figé. Le patrimoine doit être habité, vivant », souligne Michel Goyer, président du Patrimoine culturel Vieux-Saint-Eustache.

Dans le cadre du circuit du Vieux-Saint-Eustache, le Manoir Globensky agit comme trait d’union entre les grandes institutions religieuses, les bâtiments civiques et les berges de la rivière. Les visiteurs y découvrent à la fois l’architecture, l’histoire sociale et l’évolution du paysage urbain.

« Quand les gens entrent ici, ils comprennent que Saint-Eustache ne s’est pas construite en un jour. Chaque mur raconte une étape de notre développement », résume un guide.

À l’heure où la protection du patrimoine devient un enjeu identitaire et touristique, le Manoir Globensky continue d’incarner la mémoire et le rayonnement culturel de la ville.