« Dans le fond, ce qu’on demande, c’est qu’on arrête de laisser les citoyens et les bénévoles gérer seuls un problème collectif. On veut travailler avec les villes », résume Stéphanie Simard, une native et résidente de Saint-Eustache qui demeurait à Deux-Montagnes jusqu’à tout récemment.
Mme Simard, qui a mis deux pétitions en ligne ayant recueilli à ce jour plus de 250 signatures à Saint-Eustache et près de 1 000 à Deux-Montagnes, souhaite donc, comme d’autres, la mise en place dans ces deux villes d’un programme appelé CSRM, pour capture, stérilisation, retour et maintien. L’idée a été soumise aux élus de Saint-Eustache et de Deux-Montagnes, qui examinent depuis la situation.
Des pétitions, des démarches
Le programme CSRM repose sur un principe simple. Les chats sont capturés de façon sécuritaire, puis stérilisés et, au besoin, reçoivent les soins prévus. Puis, ils sont retournés dans leur milieu, où la colonie fait l’objet d’un suivi avec un gardien. On leur entaille aussi une oreille en forme de « V » pour les reconnaître et voir qu’ils n’ont pas à être capturés de nouveau, puisqu’ils ont déjà été stérilisés.
À Saint-Eustache, Christine Lapierre, une trappeuse bénévole active dans plusieurs municipalités, s’est présentée au conseil municipal de l’endroit le lundi 24 août dernier pour exposer la situation et demander à ce que la Ville mette en place un projet pilote CSRM. Mme Simard a fait de même par courriel.
Elles ont appris que Saint-Eustache possède déjà une entente avec la SPCA Lanaudière-Basses-Laurentides pour la capture de chats errants; il s’agirait donc, évoquent-elles, d’examiner la possibilité d’y ajouter un volet consacré aux chats communautaires. Pour l’instant, leurs démarches n’ont toutefois pas encore donné lieu à un retour concret et une relance a été effectuée ces derniers jours.
À Deux-Montagnes, où Mmes Lapierre et Simard ont aussi fait valoir leur point de vue lors d’une séance du conseil municipal tenue le jeudi 13 août dernier, la Ville semblerait, indique Mme Simard, maintenant ouverte à considérer la mise en place d’un programme CSRM, mais souhaite obtenir un devis afin d’avoir une estimation concrète des coûts pour un éventuel programme visant environ 100 chats.
Un travail qui demeure invisible
Stéphanie Simard tient à souligner que le mérite de ces récentes démarches revient, certes, au travail de Christine Lapierre, mais aussi à celui de plusieurs autres bénévoles qui ont la cause des chats à cœur. Un travail que les gens ne voient pas et qui demeure souvent invisible.
Par ailleurs, des situations concrètes vues sur le terrain, dont l’apparition de nouvelles colonies de chats ici et là, sont venues appuyer la pertinence de ces démarches. « On s’est rendu compte qu’énormément de citoyens et de bénévoles s’en occupaient déjà, mais souvent seuls et à leurs frais », note Mme Simard.
Un enjeu régional
De l’avis de Mme Simard, la problématique dépasse d’ailleurs les limites de Saint-Eustache et de Deux-Montagnes. Des colonies et des besoins d’intervention ont également été identifiés à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Saint-Joseph-du-Lac et Pointe-Calumet. « C’est devenu un enjeu régional », affirme-t-elle.
« Notre demande ne concerne pas uniquement l’adoption d’un programme CSRM. Nous demandons également que les municipalités collaborent davantage avec les organismes et les bénévoles déjà présents sur le terrain et permettent des interventions responsables pour aider ces animaux: nourrissage encadré, stérilisation, suivi des colonies, installation d’abris lorsque nécessaire et collaboration avec les refuges et les équipes de secours. Avec l’hiver qui approche, la situation devient encore plus urgente. Des citoyens demandent de l’aide, des propriétaires d’immeubles demandent de l’aide, les organismes sont débordés et, pendant ce temps, les chats continuent de se reproduire et certains se retrouvent complètement laissés à eux-mêmes », conclut Stéphanie Simard.

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