Ce matin-là, la résidente de Deux-Montagnes, partie à 7 h 10 de la station Grand-Moulin, est arrivée à son travail autour de 9 h 30, soit avec 90 minutes de retard. Celle-ci n’est pas la seule à avoir vécu pareille situation. Le maire de sa propre ville, Denis Martin, qui utilise souvent le REM pour se rendre à Montréal, a lui aussi eu à composer avec des pannes et des ralentissements de service, comme cela a été le cas lundi dernier, alors qu’il revenait d’un déjeuner-bénéfice annuel organisé par l’organisme Trajectoire Québec.
« Ça s’est passé pour aller à Montréal, mais il y a eu un petit pépin qui a causé un retard d’une dizaine de minutes à mon retour », a-t-il témoigné, en entrevue avec votre hebdo L’ÉVEIL, alors qu’il débarquait tout juste, en fin d’après-midi, du REM.
Plus de 20 interruptions de service de plus de 20 minutes
Selon des chiffres fournis par Pulsar, opérateur du REM et interlocuteur unique des communications opérationnelles auprès de la clientèle, 21 interruptions de service de plus de 20 minutes (celles qui sont seulement comptabilisées) étaient survenues en date du 3 février dernier depuis la mise en service de l’antenne Deux-Montagnes, le 17 novembre dernier.
« Le REM a rencontré différents problèmes cet hiver : un bris de rail, des problèmes techniques sur les trains ou sur d’autres équipements ou encore le gel du fil électrique qui alimente le REM – la caténaire – en raison du verglas, principalement sur l’antenne Deux-Montagnes, pour laquelle nous vivons un premier hiver d’opérations. Nous avons aussi fait face à des situations hors de notre contrôle comme : des intrusions sur les voies ou des activations de frein d’urgence par des usagers », reconnaît, par courriel, Maxime Laliberté, conseiller en relations médias pour Pulsar.
« Chaque hiver est différent, et chaque portion du réseau a ses particularités. Par exemple, l’humidité est plus présente sur l’antenne Deux-Montagnes, qui traverse notamment la rivière des Prairies. C’est pourquoi nos équipes mettent au point des solutions pour mieux protéger la caténaire du gel. Nous utilisons maintenant un nouveau produit déglaçant, nous testons la pression des grattoirs des trains ainsi que la méthode de réchauffement électrique du fil d’alimentation du REM », ajoute M. Laliberté, qui n’a cependant pas voulu préciser si ces pannes avaient affecté l’achalandage sur l’antenne Deux-Montagnes; chiffres qui « seront dévoilés dans quelques mois ».

Des mesures alternatives en cas de pannes
Pour pallier à ces nombreuses pannes, les usagers n’ont d’autres choix maintenant que de se tourner, le jour, vers la ligne 499 qui vient d’être bonifiée par le transporteur exo. Depuis le 2 février, un autobus express passe désormais toutes les 15 minutes en heures de pointe et aux 30 minutes en heures hors pointe entre la station de métro Côte‑Vertu et la station Deux‑Montagnes.
Selon Denis Martin, cette mesure, qu’il a réclamée avec d’autres maires, doit être effective tant et aussi longtemps que le REM n’offrira pas un « service adéquat ».
Les soirs de semaine, passé 20 h 30, la ligne 404, qui transite entre le terminus Centre-Ville et la station Deux-Montagnes, s’avère une autre option en raison du fait que le service est interrompu vers 21 h à la hauteur de la station Bois-Franc afin de mener les essais nécessaires à la mise en service prochaine de l’antenne Anse-à-l’Orme, prévue pour le printemps à venir.
Une situation « difficile » pour les usagers, reconnaît-on
Le maire de Deux-Montagnes avoue que la situation n’est pas celle souhaitée, mais que les gens sont prêts à vivre avec elle. Il invite toutefois les gens à s’abonner aux notifications envoyées sur les cellulaires pour mieux planifier leurs déplacements.
Celui-ci est aussi en discussion avec l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) qui, avec CDPQ Infra, examine la possibilité d’offrir un dédommagement aux usagers pour les nombreuses pannes qu’ils ont subies.
« On souhaitait tous que ça fonctionne du premier coup. Je pense qu’on doit passer par cette période de rodage […] Mais je demeure optimiste », lance le maire de Deux-Montagnes.
Également, Pulsar reconnaît que la situation actuelle est « difficile » pour les usagers, et se dit « désolé » des inconvénients vécus par ceux-ci.
« Chaque panne est une panne de trop. Nous faisons tout pour les limiter le plus possible. Les usagers du REM sont en droit de s’attendre à un service fiable et prévisible et nous avons le devoir de faire tous les efforts nécessaires pour y arriver. Je peux vous assurer que c’est le cas et que toutes les équipes sont à pied d’œuvre tous les jours pour améliorer la performance du REM durant cette phase de croissance de fiabilité », assure, en guise de conclusion, Maxime Laliberté.

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