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Oka, Saint-Joseph-du-Lac et Pointe-Calumet s’opposent à la relance de la mine de niobium d’Oka

Photo tirée du Site de Nio Métaux Stratégiques – Nio Métaux Stratégiques poursuit ses démarches pour relancer le projet minier d’Oka.

Oka, Saint-Joseph-du-Lac et Pointe-Calumet s’opposent à la relance de la mine de niobium d’Oka

Publié le 26/10/2026

Les maires d’Oka et de Saint-Joseph-du-Lac, Patrick Hardy et Benoît Proulx, ainsi que la mairesse de Pointe-Calumet, Sonia Fontaine, s’opposent à tout développement d’activités minières associées au gisement d’Oka.

Cette sortie publique survient alors que la société Nio Métaux Stratégiques poursuit ses démarches pour mettre en valeur le gisement, situé à proximité de l’ancienne mine de niobium, sur un terrain qui appartient à la Municipalité, selon le maire d’Oka.

Cette position des trois municipalités s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, les ressources en eau, les activités agricoles, la qualité de vie des citoyens et la vocation à long terme de ce secteur.

« Ce dossier ne s’arrête pas aux limites administratives d’une seule municipalité », a déclaré le maire de Saint-Joseph-du-Lac, Benoît Proulx, soulignant que « ce qui se passe dans ce secteur peut entraîner des répercussions sur les communautés voisines ».

La mairesse de Pointe-Calumet, Sonia Fontaine, réaffirme pour sa part la solidarité de sa municipalité envers Oka, précisant que « nos municipalités sont voisines et partagent un même territoire, des ressources naturelles communes ainsi qu’une responsabilité collective envers nos citoyens ». Pour elle, « lorsqu’un enjeu aussi important que le développement potentiel d’activités minières se présente dans notre région, nous croyons qu’il est de notre devoir de nous tenir ensemble ».

Les trois élus invitent les autres municipalités de la MRC de Deux-Montagnes, ainsi que la MRC elle-même, à adopter une position commune.

Le passé minier suscite des inquiétudes

Nio Métaux Stratégiques a indiqué vouloir travailler avec les parties prenantes pour faire progresser son projet. Sur son site Web, l’entreprise soutient que la valeur de la propriété d’Oka dépendra aussi de la manière responsable dont le projet sera présenté au milieu, notamment en ce qui a trait à l’utilisation du territoire, à l’eau et aux communautés locales. Elle dit privilégier une exploitation souterraine, des méthodes de traitement propres et une empreinte en surface minimale, afin de limiter le bruit, la pollution et les impacts sur l’eau agricole et municipale. Selon elle, le projet pourrait, avec les autorisations nécessaires, soutenir l’économie locale et devenir un projet mobilisateur pour la région.

Le maire d’Oka se montre sceptique quant aux garanties environnementales avancées par l’entreprise. « Ce que les détenteurs [du] “claim” aujourd’hui prétendent, c’est qu’ils seraient capables de faire un projet minier qui est absolument 100 % garanti, que ça n’affectera pas la nappe phréatique, etc. Et puis, je pense qu’il n’y a personne qui est assez naïf pour croire ça aujourd’hui. »

« La dernière fois que cette mine-là a été exploitée, ça a été par la St Lawrence Columbium. Et puis, ils ont laissé un dégât », rappelle Patrick Hardy. Selon lui, le nettoyage du site est estimé à 51 millions de dollars, ce qui en ferait l’un des dix sites les plus pollués au Québec. « Les derniers passages sur cette mine-là ont été désastreux pour la municipalité », résume-t-il.

« Je ne sacrifierais pas la nappe phréatique »

Pour Patrick Hardy, la protection de l’eau et des « terres nourricières » est une grande responsabilité. Il cite en exemple les producteurs maraîchers du rang Sainte-Sophie, qu’il décrit comme le garde-manger des Laurentides. Selon lui, les détenteurs du titre d’exploration minière ont laissé entendre qu’ils pourraient puiser de l’eau dans le lac des Deux-Montagnes pour leurs activités. « Et puis moi, j’aurais de la difficulté à expliquer aux producteurs dans le rang Sainte-Sophie qu’il manque d’eau au mois d’août, en période de sécheresse, que la mine utilise l’eau du lac des Deux-Montagnes, c’est un petit peu illogique tout ça », justifie-t-il.

« C’est sûr que moi, je ne sacrifierais pas la nappe phréatique [aux alentours] d’Oka qui va affecter Saint-Joseph-du-Lac […] », lance le maire.

Il rappelle qu’une résolution adoptée il y a plusieurs années à la MRC désigne le secteur comme territoire incompatible avec l’activité minière. Il dit avoir l’appui de ses collègues de la MRC et souligne que des discussions sont en cours.

L’autorisation avant le forage

Le 16 septembre 2026, Nio Métaux Stratégiques a dévoilé l’interprétation d’un levé géophysique héliporté effectué en 2023. Selon l’entreprise, ce levé a permis de définir cinq structures géologiques majeures dans la partie nord du complexe d’Oka, susceptibles de contenir des terres rares (TR). Son équipe technique recommande un programme de neuf forages totalisant environ 4 460 mètres. L’entreprise précise toutefois que les anomalies géophysiques ne sont pas nécessairement indicatives d’une minéralisation et que rien ne garantit que les forages confirment les structures interprétées.

L’entreprise entend obtenir du ministère des Ressources naturelles et des Forêts une autorisation pour travaux d’exploration à impacts (ATI). Elle a mandaté la firme GHD Environnement pour l’accompagner dans ses communications avec les parties prenantes.

« Ce levé, conjugué à l’étude métallurgique d’IGS et aux essais en cours, contribuera à mieux comprendre le potentiel en TR de la propriété, mais aussi développer des processus sécuritaires pour l’environnement local », a déclaré, dans un communiqué, le président et chef de l’exploitation de NIO, Bruno Dumais.

Un gisement qui divise depuis des décennies

Ce n’est pas la première fois que Nio Métaux Stratégiques tente de mettre en valeur le gisement. Sous son ancien nom, Niocan, l’entreprise a porté dès la fin des années 1990 un projet de mine souterraine de niobium dans le rang Sainte-Sophie, à Oka. Le projet avait obtenu un bail minier et l’aval du Tribunal administratif du Québec, mais s’était heurté à une forte opposition de citoyens d’Oka, de producteurs agricoles et des Mohawks de Kanesatake.

Une autre entreprise, Ressources Éco-Niobium, a ensuite tenté de relancer l’exploitation de l’ancienne mine vers 2016. La Municipalité d’Oka s’était retirée du projet, invoquant le manque de garanties du promoteur et le risque de perdre une subvention destinée à décontaminer le site. Le maire de l’époque, Pascal Quevillon, s’y était ensuite opposé fermement. « Les citoyens ne veulent pas de la mine ! » déclarait-il en 2017 à L’Éveil.

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