La mobilisation a été forte, mais somme toute pacifique alors que 100 tracteurs et 250 manifestants se sont présentés à la salle communautaire de Saint-Augustin le 24 février.
Escorté par les policiers, le convoi s’est rassemblé à la salle paroissiale de Sainte-Scholastique vers 9h du matin. « Ça débordait du stationnement, même si on était stationnés comme dans Tetris », partageait un manifestant rencontré à Saint-Augustin. Une fois sur place, la foule réunie à l’extérieur, au grand froid, a pu entendre le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides Stéphane Alary, la productrice Cynthia Grondin, le producteur Pierre-Yves Éthier et le député fédéral de Mirabel Jean-Denis Garon.
La crainte principale exprimée par l’UPA vise le projet de loi C-15 et le TGV qui entraîneraient, selon eux, des expropriations et des fragmentations de terres, donc des pertes irréversibles pour le milieu agricole. « Il y a des cicatrices qui ont été faites dans le passé, on ne voudrait pas que ça se reproduise. On demande au gouvernement d’être cohérent », déclare M. Alary. « L’un des plus grands patrimoines collectifs que nous avons, ce sont nos terres agricoles. Le projet de loi C-15 représente une menace directe à l’intégrité de notre territoire, à la pérennité de nos entreprises et à notre autonomie alimentaire.
Il rappelle également que la planification et les investissements, dans le monde agricole, se font sur le long terme : « Le projet met en péril la relève et compromet les investissements qui se planifient sur des générations, pas sur des cycles politiques. »

Les émotions à fleur de peau
Productrice agricole depuis un an, Cynthia a livré un émouvant témoignage et n’arrivait pas à contenir ses larmes : « Chaque parcelle de terre que je cultive représente un rêve, des sacrifices, et l’espoir de construire l’avenir de mes enfants ici, sur mon territoire.
Elle prévoit des conséquences graves si le projet passait sur sa terre « Ce n’est pas seulement mon entreprise qui va disparaître, c’est un visage de la relève agricole de moins. »
Pierre Yves Ethier, producteur de fraises, abondait dans le même sens sur la gravité de la fragmentation des terres agricoles : « Mon entreprise dépend entièrement de mes terres. Si les champs sont séparés ou s’il faut contourner des obstacles, genre un TGV qui passerait par là, c’est du temps perdu pour nous. Si on en vient à fragmenter mes terres, ça ne sera pas plus compliqué, ça sera juste terminé ». Selon lui, les conséquences « vont à l’encontre des objectifs du gouvernement pour l’autonomie alimentaire, puisque s’il ne se produit plus de petits fruits ici, il faudra les importer d’ailleurs. »
Retourner à la table à dessin
Jean-Denis Garon s’est présenté au micro en se désolant que les conservateurs et les libéraux aient battu tous les amendements du Bloc Québécois pour le projet de loi C-15. « Ces amendements auraient permis aux gens de chez nous, à nos agriculteurs, d’être égaux devant la loi comme tous les autres Québécois et Canadiens. »
Il reproche à Alto d’errer. « Ça prend de vraies consultations. Ici aujourd’hui, c’est un pitch de vente. On veut qu’Alto reparte à zéro et qu’ils travaillent comme du monde! »
Un corridor d’étude de dix kilomètres de large, alors que seulement une soixantaine de mètres sera utilisée pour le TGV, pose de vrais problèmes aux citoyens: « Il y a des gens qui seront à neuf kilomètres d’un futur train, mais que parce qu’ils sont dans le corridor d’études, ils ne pourront pas rénover ou vendre leur maison ou leur terre, ils sont prisonniers, ils vivent dans l’incertitude ! »
La centaine de tracteurs a quitté les lieux par la suite dans le calme et sans débordement. L’UPA rappelle que le milieu agricole se positionne fermement contre le projet de loi C-15 et le passage du TGV et exige un dialogue immédiat et transparent avec le gouvernement.
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