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L’oppostion au projet de TGV se structure de Mirabel à Toronto

Photo Christophe Godon – Robert Charron, conseiller municipal du district 3 (Saint-Janvier) et chef du parti Action Mirabel se mobilise pour s’opposer au projet tel que présenté par Alto.

L’oppostion au projet de TGV se structure de Mirabel à Toronto

Publié le 10/04/2026

Le projet de loi C-15 a franchi une étape décisive en recevant la sanction royale à Ottawa. Mais sur le terrain, loin de clore le débat, son adoption semble plutôt cristalliser une opposition de plus en plus organisée au projet de train à grande vitesse.

Du côté fédéral, le député bloquiste Jean-Denis Garon ne mâche pas ses mots. Selon lui, la loi « crée deux classes de citoyens » et pénalise directement certaines communautés, notamment agricoles. Surtout, il rejette l’idée que le projet soit désormais inévitable.

« Ce n’est pas parce que la loi est adoptée qu’il faut arrêter de se battre. Résister, ce n’est pas futile : c’est un geste profondément démocratique », affirme-t-il, appelant à la mobilisation citoyenne et à la solidarité entre les régions touchées.

Cette solidarité, il la voit déjà émerger le long du corridor visé, alors que des agriculteurs et des municipalités multiplient les prises de position. « Si les terres agricoles sont importantes, elles doivent l’être pour tout le Québec », insiste-t-il.

Au-delà de Mirabel

À l’échelle municipale, le débat prend une autre forme. Le chef de l’opposition Robert Charron s’oppose au projet tel qu’il est présentement. « Rien n’est inévitable quand les citoyens se mobilisent », écrit-il, rappelant que plusieurs projets majeurs, comme l’exploitation pétrolière sur Anticosti ou Énergie Est, ont été abandonnés sous la pression populaire.

S’il avait initialement appuyé le principe d’une gare, l’élu affirme que l’adoption de C-15 a changé la donne. « L’élimination de mécanismes de protection pour les citoyens a été un point de bascule », explique-t-il.

Désormais, sa position est sans équivoque : il s’oppose au projet de TGV « peu importe son tracé », invoquant la protection des terres agricoles et des communautés.

L’opposition dépasse par ailleurs les frontières du Québec. Robert Charron indique avoir été interpellé par des élus ontariens, dont Paula Banks, afin de bâtir un front commun contre le projet. « Être élu, ce n’est pas imposer une idée à tout prix. C’est écouter, comprendre et ajuster sa position quand le terrain parle », soutient-il.

Un investissement trop coûteux?

Alors que le gouvernement fédéral présente le projet comme structurant pour l’économie, ses détracteurs appellent plutôt à un débat de fond sur les priorités publiques.

« Pour un projet de près de 100 milliards de dollars, nous avons le devoir collectif de poser la question : est-ce vraiment là que doivent aller les priorités des contribuables? », lance M. Charron.

Malgré l’adoption de C-15, une chose apparaît de plus en plus claire : sur le terrain, la bataille du TGV ne fait que commencer.