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Les appuis se multiplient en faveur de la revitalisation de la serre-école d’Oka

Photo Google street view – L’ancienne serre rattachée à l’École secondaire d’Oka a longtemps servi à la population étudiante de l’établissement.

Les appuis se multiplient en faveur de la revitalisation de la serre-école d’Oka

Publié le 24/04/2026

De plus en plus de citoyens et d’organismes se mobilisent autour de la revitalisation de l’ancienne serre de l’école secondaire d’Oka et de l’usage des terres zonées par la CPTAQ autour de l’établissement en vue d’un grand projet collectif d’agriculture.

Même l’administration Hardy soutient le projet et s’affaire actuellement à convaincre le CSSMI de sa haute importance.

C’est que le bâtiment qui abritait le potager-école depuis plusieurs années a besoin d’une bonne mise aux normes. Or, les études de faisabilité demandées par le CSSMI pour sa reconstruction se révèlent onéreuses. On y indique des coûts allant de 655 897,97 $ à plus de 3 M$, selon l’inclusion des services retenus et son déploiement sur trois ou quatre saisons.

La municipalité d’Oka et Les Jardins patrimoniaux d’Oka, un organisme à but non lucratif regroupant des professionnels aux compétences diversifiées, ont offert au CSSMI d’en prendre la charge conjointement.

Pour les partenaires dans ce projet, la valeur patrimoniale de l’endroit et de ses dépendances mérite amplement qu’on lui confère un rôle utilitaire. L’établissement a longtemps hébergé l’une des deux plus grandes écoles d’agriculture du Québec, et ce, dès la fin du XIXe siècle.

Le maire Hardy a entamé des pourparlers avec Rock-André Malo, l’actuel directeur général du Centre de services scolaire des Mille-Îles. On lui réclame la cession des lieux ou encore un bail emphytéotique. Et jusqu’à présent, le CSSMI se montre plutôt réticent.

Nombreux appuis

Pourtant, la liste des arguments s’allonge au fil des mois, si bien que le conseil d’établissement de l’école secondaire d’Oka a adopté, le 13 avril dernier, une résolution en faveur du projet mené par la municipalité d’Oka et Les Jardins patrimoniaux d’Oka.

La dernière réunion du conseil d’établissement a d’ailleurs donné lieu à la prise de parole de plusieurs intervenants : militants écologistes, parents, enseignants, tous persuadés des impacts positifs du projet.

Fabienne Lord, des Jardins patrimoniaux d’Oka, reconnaît que le bâtiment actuel a besoin d’une mise aux normes.

« On ne veut pas le remettre à neuf, mais on ne peut pas le détruire. Donc, la première chose que l’on va faire c’est de consulter un ingénieur pour savoir comment le mettre aux normes et s’assurer qu’il est sécuritaire pour les élèves. Et sans pour autant que ce soit les normes du CSSMI. On souhaite faire de ce bâtiment patrimonial, un lieu sécuritaire et qui servira à la culture sur trois saisons, à l’exception de la période hivernale, ce qui permettra ainsi d’économiser des frais de chauffage », explique Mme Lord.

Dans cette veine, les membres du réseau des potagers environnants pourraient y démarrer leurs semis, au printemps, indique celle-ci, en ajoutant que le projet ouvrirait la porte à des opportunités aux élèves, qu’il s’agisse de se mettre les mains dans la terre, de faire le marketing ou d’informer de ce qui s’y fait ou encore de s’affairer aux commandes de matériel. En plus de servir de plateforme pour les cours de sciences.

« On est vraiment dans l’un des berceaux de notre histoire agraire au Québec et on aimerait mettre en valeur cette histoire-là. On a déjà des producteurs prêts à travailler avec nous, à marcotter des plants, à les propager sur le terrain et le mettre en valeur », souligne Mme Lord.

L’on pourrait ainsi envisager la culture de vignes, de pommes, de pawpaw. Et mettre en valeur le terrain adjacent à la terre, font valoir les intervenants du dossier.

Aide alimentaire

François Gervais, intervenant sociocommunautaire depuis 30 ans à l’école secondaire d’Oka, s’est permis de souligner que l’établissement offre actuellement des victuailles aux familles de leurs élèves dans le besoin : « des centaines de kilogrammes de légumes et on ne fournit pas encore. Aussi l’un des objectifs simples est d’augmenter l’aide alimentaire aux élèves aussi pendant l’été et pendant l’automne. »

Aux familles peu nanties, s’ajoutent les cas de décrochage scolaire. M. Gervais estime que les potagers solidaires permettraient ainsi de compléter l’aide apportée par les banques alimentaires avec des légumes. « Ça viendrait servir nos élèves sur le grand territoire. »

En plus des activités pédagogiques associées à un tel projet, les denrées cultivées permettraient de nourrir la communauté scolaire.

Denise Proulx, une résidente de Saint-Joseph-du-Lac, membre des Jardins collectifs et solidaires des Basses-Laurentides, et enseignante rattachée au département des sciences de l’environnement à l’UQAM après s’être longtemps consacrée au journalisme environnemental, a fait valoir l’impact important de l’alimentation sur la persévérance scolaire ou leur taux d’abandon, tel que l’a démontré une récente étude au cégep de Joliette.

« J’appuie énormément ce projet-là parce que je pense que c’est un enjeu extraordinaire de redonner à la population la capacité de s’autoproduire le plus possible en alimentation. C’est l’un des piliers de notre vie de manger. »

Après le défilement de témoignages, les membres du conseil d’établissement ont adopté une résolution en faveur du projet.

Prochaine étape : obtenir l’aval du Centre de services scolaire des Mille-Îles.