Après des années à se battre pour exploiter sa terre et vendre ses produits agricoles chez lui, les règles en vigueur à la Commission de la protection des terres agricoles du Québec (CPTAQ) ne sont pas favorables au développement de sa microbrasserie et de sa cabane à sucre.
Le nœud du problème reste la capacité d’accueil de la microbrasserie. Pour l’instant, la limite est de 20 places assises. « Le ministre avait laissé entendre que ça pouvait monter à 60, mais les derniers échos que j’ai eus s’enlignaient sur 50, et ça ne se fera pas tout de suite », résume M. Ladouceur. « On attend encore sa visite, il devait venir nous rencontrer la semaine dernière, mais on n’a pas eu de nouvelle encore. »
Le succès de sa cabane à sucre, la Sucrerie Bonaventure, n’est pas négligeable. « On avait prévu pour 5000 visiteurs la première année, on en a eu 20 000, puis 45 000 l’année suivante et 60 000 l’année d’après », partage le producteur. Toutefois, la CPTAQ lui a mis plusieurs bâtons dans les roues : « Les fonctionnaires nous disaient qu’on ne pouvait pas avoir notre cabane à sucre parce que nos érables étaient trop loin. »
Même chose pour le centre de jardin Chez Kyky, maintenant opéré par sa fille. « Ils nous disaient qu’on n’avait pas d’arbres, qu’on ne pouvait pas avoir de centre de jardin », poursuit-il. « On a tout fait pour être en règle, on a tous les permis nécessaires et on a réglé la situation. »
L’UPA et la relève
Un autre irritant que dénonce le producteur est la posture de l’UPA. « Ils ont oublié c’était quoi leur mission. Ces dernières années, ils pensaient qu’ils devaient faire appliquer les règles de la CPTAQ plutôt que d’aider les producteurs qui avaient des défis comme nous », déplore-t-il.
Toutefois, avec les jeunes de la relève qui commencent à s’impliquer davantage dans les comités locaux, il est optimiste que les choses changent. « Quand les jeunes vont prendre leur place et que les plus vieux se retireront, les choses vont pouvoir changer. »
Vers une nouvelle édition du Rodéo
Des discussions sont en cours avec les Premium Outlet pour la tenue d’un rodéo cet été sur le terrain vacant à côté du complexe commercial. « C’est nous qui avons semé ce champ-là, on le connaît et on attend des nouvelles très prochainement », partage M. Ladouceur. « Heureusement qu’on a le support de la ville qui est derrière nous pour ce projet-là. »
Il mentionne également le projet de Mirabel visant à permettre aux cabanes à sucre de demeurer ouvertes toute l’année, une mesure qui favoriserait grandement sa sucrerie.
Le rodéo en août 2024 avait attiré une très grande foule, mais en juillet 2025, ils ont dû annuler à cause des doléances de la CPTAQ. « C’est une fête champêtre, ça fait une quarantaine d’années qu’on fait des fêtes champêtres dans la région et il n’y a jamais de problème, mais parce que mon dossier est compliqué, ils nous ont empêchés de le faire. »
Alexandre Ladouceur ne baisse pas les bras et incarne bien le nom de sa microbrasserie. Il s’entête à faire offrir le meilleur autant à sa clientèle qu’à son personnel et espère un dénouement heureux dans les prochaines semaines pour démêler le tout et réaliser ses ambitions.

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