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Le projet de l’antenne Deux-Montagnes du REM récompensé

Photo Association des firmes de génie-conseil du Québec (courtoisie) – Le consortium représenté, lors de cette soirée de remise des Grands Prix du génie-conseil québécois, par Daphnee Van Lierden (AtkinsRéalis), Jonathan Gouinn (AtkinsRéalis), Ramy Neamatallah (AECOM) et Jason Savard-Todd (CDPQ Infra).

Le projet de l’antenne Deux-Montagnes du REM récompensé

Publié le 08/10/2026

Le consortium d’ingénierie AtkinsRéalis-AECOM et CDPQ Infra ont été récompensés pour le projet de l’antenne Deux-Montagnes du Réseau express métropolitain (REM), lauréat dans la catégorie « Infrastructures de transport » aux Grands Prix du génie-conseil québécois 2026.

Le consortium est, en effet, lauréat de l’un des 14 prix d’excellence remis à l’occasion de la 24e édition des Grands Prix du génie-conseil québécois 2026, organisée le lundi 21 septembre dernier par l’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG). À cette occasion, les meilleurs projets d’ingénierie réalisés récemment ont été mis à l’honneur parmi 63 projets et candidats en compétition, et ce, dans 14 catégories.

Construite à la suite de la fermeture définitive de l’ancienne ligne de train de banlieue, à la fin du mois de décembre 2020, l’antenne Deux-Montagnes aura nécessité 59 mois de travaux, dont une grande partie dans un contexte de pandémie, jusqu’à son inauguration officielle, le 15 novembre 2025.

Le coût de cette seule portion du REM n’a pas été dévoilé, mais certains la chiffreraient à 150 M$ du kilomètre, soit l’équivalent de 4,95 milliards de dollars.

Vue aérienne d’une station de métro en construction, avec un train sur les rails, des routes, des maisons et une forêt arborée
Photo CDPQ Infra (courtoisie) – Le projet de construction de l’antenne Deux-Montagnes du REM, échelonné sur une période de 59 mois, en a été un d’une grande complexité.

Un projet d’une grande complexité

Plus précisément, le projet de construction de l’antenne Deux-Montagnes du REM comporte, sur un tracé de 33 km, des segments aériens (1,6 km) et souterrains (jusqu’à 70 m de profondeur), 14 stations et un centre d’entretien, en plus d’un ensemble d’ouvrages majeurs.

On y retrouve 4 ponts, 9 viaducs, 45 piliers, 44 travées, 461 voussoirs, 48 aiguillages, 603 poteaux de caténaire et 153 km de câbles. L’ensemble devait être conçu, coordonné et intégré dans un système ferroviaire automatisé, en milieu urbain dense et en continuité avec des réseaux existants.

« L’innovation du segment Deux-Montagnes ne repose pas sur une solution unique, mais sur une approche intégrée où les choix technologiques, constructifs et numériques ont été pensés conjointement pour maîtriser une complexité exceptionnelle. L’innovation la plus visible réside dans la mise en œuvre d’un système de transport entièrement automatisé, sans conducteur, conçu pour offrir une exploitation sécuritaire et à haute fréquence », peut-on lire dans le dossier de candidature soumis par le consortium d’ingénierie AtkinsRéalis-AECOM et CDPQ Infra.

Cette approche intégrée a trouvé « son expression la plus marquante » lors de la réhabilitation du tunnel du Mont-Royal et de la station Édouard-Montpetit, où a été appliquée pour la première fois en Amérique du Nord la nouvelle méthode montréalaise de « tunneling ».

« Cette approche remplace le coffrage traditionnel par une unique couche double de béton projeté armé de fibres d’acier de 100 mm, avec membrane d’étanchéité intégrée. Elle a permis une réduction de 63 % du volume de béton, l’intégration de 27 % d’ajouts cimentaires et une diminution de 68 % des émissions de CO₂ associées, tout en améliorant la constructibilité, la sécurité et la rapidité d’exécution en milieu fortement contraint », note le consortium dans son document de candidature.

Sur le plan du génie, le consortium AtkinsRéalis-AECOM mentionne avoir propulsé l’utilisation du BIM (une méthode de travail collaborative basée sur l’utilisation d’une maquette numérique 3D intelligente partagée par tous les acteurs d’un projet de construction) au-delà de la simple modélisation pour en faire une véritable plateforme collaborative.

Un tramway vert et blanc, marqué 95, circule sur un viaduc ferroviaire sous un ciel bleu, avec deux agents à bord
Photo CDPQ Infra (courtoisie) – On retrouve sur l’antenne Deux-Montagnes un ensemble d’ouvrages majeurs, dont de nombreux viaducs, y compris celui enjambant le boulevard Industriel, à Saint-Eustache.

Des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques

Le consortium d’ingénierie AtkinsRéalis-AECOM et CDPQ Infra fait également valoir que le projet de l’antenne Deux-Montagnes comporte des bénéfices environnementaux majeurs puisqu’il encourage le transfert de l’auto solo vers un métro léger électrique, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique.

Enfin, sur les plans social et économique, le réseau de 50 km reliant Deux-Montagnes à Brossard améliore, par ailleurs, la qualité de vie en réduisant les temps de déplacement vers les emplois et les études, en plus d’avoir stimulé l’économie locale et créé « un précédent industriel majeur au Québec ».

Collaborer pour s’élever

Placée sous le thème « GÉNIE+CONSEIL : Collaborer pour s’élever » et animée par Stéphane Bellavance, la remise de ces 14 prix d’excellence ainsi que du Prix Visionnaire, sélectionné parmi tous les projets en compétition, a réuni plus de 450 participants au Théâtre Manuvie de Brossard.

« Les projets récompensés témoignent de la capacité d’innovation de notre industrie. À cet égard, la collaboration entre les multiples disciplines et les différents intervenants, dans la réalisation de projets qui sont de plus en plus complexes, représente un gage de succès », a souligné Bernard Bigras, président-directeur général de l’AFG, lors de cette soirée de remise.

Pour en savoir plus sur les lauréats aux Grands Prix du génie-conseil québécois, il suffit de visiter le site web de l’AFG.