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Le communautaire se mobilise pour un financement adéquat

Photo Benoît Bilodeau – Plusieurs travailleuses du milieu communautaire manifestent ici leur mécontentement lors d’une action de mobilisation tenue face au centre commercial Les Promenades Deux-Montagnes.

Le communautaire se mobilise pour un financement adéquat

Publié le 02/04/2026

Depuis maintenant un peu plus d’une semaine, les organismes communautaires sont en mode mobilisation afin que le gouvernement du Québec reconnaisse pleinement le rôle qu’ils jouent et leur fournisse les conditions financières nécessaires pour poursuivre leur mission. Une mobilisation qui culminera, ce jeudi 2 avril, par un grand rassemblement devant l’Assemblée nationale du Québec.

Dans les Laurentides, ce sont ainsi plus de 75 organismes régionaux et locaux, dont environ 35 sont basés dans les Basses-Laurentides, qui ont tenu diverses actions de mobilisation afin de lancer un message : « Le communautaire est à boutte ».

Une couche de mécontentement

Si cette mobilisation à travers le Québec est planifiée depuis un certain temps déjà, le récent budget déposé par le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a ajouté une couche de mécontentement au sous-financement que subissent, année après année, les organismes communautaires. Ceux-ci comptent sur des équipes composées à plus de 80 % de femmes dont le salaire moyen est d’environ 20 $ l’heure.

« Le mouvement était prévu avant le dépôt du budget, mais effectivement que le budget ne nous a pas réjoui. Ça nous a donné une motivation additionnelle à être dans la rue », témoigne Vickie Ouellette, directrice générale du centre de femmes La Mouvance, à Saint-Eustache, et représentante locale pour le mouvement « Le communautaire est à boutte » pour les MRC de Deux-Montagnes et de Thérèse-De Blainville ainsi que pour Mirabel.

« On revendique de meilleures conditions de travail et par le fait même un financement plus élevé de la part du gouvernement afin de pouvoir bonifier nos équipes, mais aussi les salaires et les conditions de travail de nos travailleuses et travailleurs », poursuit celle-ci, alors qu’elle manifestait, le mardi 24 mars, en matinée, face au centre commercial Les Promenades Deux-Montagnes avec d’autres collègues du milieu communautaire.

Des équipes réduites

« Dans notre équipe, à La Mouvance, on est quatre travailleuses. J’ai seulement deux intervenantes. Mes besoins seraient pour une équipe de huit personnes environ. On est des gens passionnés qui ont envie d’aider la communauté. On n’y arrive pas parce qu’on n’est pas capable de répondre à tous les besoins. Cette réalité-là, on la retrouve aussi dans les autres organismes. C’est un copier-coller dans tous les organismes du Québec », ajoute Mme Ouellette.

Des propos que corrobore Mélanie Verville, intervenante budgétaire pour l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) des Basses-Laurentides, organisme régional œuvrant à Sainte-Thérèse, également présente à cette manifestation.

« Nous sommes quatre employées, dont une contractuelle qu’on a les moyens d’avoir seulement jusqu’au mois d’août. Le rêve, ce serait d’être quatre à temps plein, mais on n’a pas les finances pour cela. C’est comme un cercle un peu vicieux. Le fait de ne pas avoir de financement adéquat, ça ne nous permet pas de répondre aux demandes de plus en plus problématiques des gens. Donc, à un moment donné, il faut que le gouvernement revoie sa façon de financer les organismes communautaires », lance-t-elle.

Bien que les organismes aient complètement fermé leurs portes ou ralenti significativement leurs services au cours de la dernière semaine, Mme Ouellette sent que cette grande mobilisation a l’appui de la population et des usagers qui, précise-t-elle, ont été prévenus et été informés des ressources disponibles dans le réseau public.

« Il y avait des mamans avec leurs bébés avec nous ce matin », illustre-t-elle, tout en laissant tomber qu’il « manque l’écoute du gouvernement ».

Pour en savoir davantage sur « Le communautaire est au boutte », visitez le site web du mouvement.