Attendue depuis déjà plusieurs mois, cette confirmation tarde en effet à venir, bien que l’année financière de ces centres de périnatalité sociale, une douzaine en tout à travers le Québec, ait débuté le 1er avril dernier. Une situation qui crée, alors que le mois de septembre est sur le point de se terminer, une réelle incertitude financière et qui, déjà, a obligé les centres à réduire leurs dépenses ou à reporter des augmentations salariales pour leur personnel.
Après avoir décrié cette situation dans des publications diffusées le mercredi 9 septembre dernier sur leurs pages Facebook respectives, les centres de périnatalité sociale ont reçu, le lundi 14 septembre suivant, une lettre du sous-ministre Stéphane Bergeron, du ministère de la Santé et des Services sociaux, mentionnant que « […] la reconduction du financement [de leurs] activités en périnatalité sociale est en cours d’approbation pour l’exercice 2026-2027 ».
« Exceptionnellement, une avance de 50 % de la subvention sera versée prochainement [NDLR : ce qui a été fait dans les jours suivants] afin de financer les activités et les dépenses engendrées dans la première moitié de l’année financière. Le solde de 50 % pourra être versé sous réserve de l’approbation [du] Conseil du trésor […] », peut-on aussi lire dans cette lettre ministérielle dont a pris connaissance, comme ses autres collègues, Isabelle Jorg, directrice générale du centre Le Bourgeon.
Également directrice générale du Centre Marie Eve, organisme régional ayant des points de service à Saint-Eustache, Sainte-Thérèse et Saint-Jérôme et porteur du centre Le Bourgeon, Mme Jorg estime que cette lettre est une « demi-bonne nouvelle » puisqu’elle laisse encore les centres de périnatalité sociale dans une attente qui n’a que trop duré.
« Cette lettre […] ne fait pas état d’une garantie du versement du deuxième 50 %. Normalement, quelque part entre décembre et mars, nous recevons une lettre officialisant le financement et nous avons l’habitude de recevoir la subvention vers le mois de septembre. Cette année, la seule lettre que nous avons reçue est celle mentionnant que le financement serait probablement reconduit après l’étude des crédits de juin. Puis, nous avons été laissés dans l’ignorance jusqu’à lundi [le 14 septembre] malgré toutes les communications que nous avons tenté d’établir […] J’ai moi-même interpellé la ministre Sonia Bélanger à quelques reprises ces derniers mois, dont au début septembre, puisqu’elle est aussi députée d’un territoire que nous couvrons avec Le Bourgeon, en plus d’être ministre de la Santé. Je n’ai jamais eu de réponse », déplore Mme Jorg.

Une aide à des centaines de familles et de personnes
Créés en 2021 à la suite d’un appel de projets lancé par le gouvernement du Québec, les centres de périnatalité sociale ont pour mission d’offrir accueil et soutien aux familles en contexte de vulnérabilité pendant la grossesse et les cinq premières années de vie de l’enfant. Si, au départ, leur financement a été assuré pendant trois ans, les centres de périnatalité sociale doivent, depuis, année après année, se battre pour obtenir une confirmation en ce sens.
Dans la région immédiate, les services offerts sont destinés aux familles vulnérables qui habitent à Saint-Jérôme, Sainte-Sophie, Saint-Hippolyte, Prévost et Saint-Colomban, ainsi que dans les secteurs de Saint-Canut et de Saint-Janvier, à Mirabel, où les besoins les plus criants étaient observés à ce moment.
Au cours de la dernière année, selon les chiffres notés dans le rapport annuel 2025-2026 du Centre Marie Eve, l’équipe du centre Le Bourgeon a notamment procédé à 196 suivis pédiatriques et à 113 suivis médicaux de grossesse, répondu à 434 appels d’intervention et effectué 651 rencontres et visites à domicile. En tout, 104 familles, dont 40 nouvelles, et 352 personnes, dont 22 mères enceintes et 108 enfants âgés de 0 à 5 ans, ont été aidées durant cette même période.
Une incertitude qui a des conséquences
Au centre Le Bourgeon, Mme Jorg mentionne avoir réduit les dépenses au minimum, entre autres en ne procédant pas, comme en temps normal, à l’achat de cartes-cadeaux et d’autres formes d’aide pour dépanner les familles. Mais, assure la directrice générale, cela n’a pas affecté les services essentiels offerts par son équipe.
Ce sont plutôt les employées qui écopent pour le moment. « Celles-ci se sont vu octroyer sur papier une légère hausse salariale pour pallier l’inflation en sachant que celle-ci leur serait versée uniquement lorsque la subvention arriverait, alors qu’elles ne reçoivent déjà pas de gros salaire […] Nous devions engager une personne à l’accueil pour l’été pour soutenir l’équipe pendant les vacances et nous n’avons pas pu aller de l’avant », ajoute la directrice générale.
Une prévisibilité nécessaire
Alors que la campagne électorale bat son plein, elle et ses collègues estiment que la population est en droit de « savoir ce qui se passe » et de se questionner. « Pourquoi créer des projets de périnatalité sociale, investir dans leur développement pendant trois ans et permettre aux organismes de bâtir des services et des équipes, pour ensuite les placer chaque année dans une situation d’incertitude quant à leur survie? », s’interroge-t-on.
« Nous ne demandons pas un privilège. Nous demandons la prévisibilité nécessaire pour maintenir des services que le gouvernement du Québec a lui-même choisi de développer », conclut Isabelle Jorg, qui souhaite maintenant avoir rapidement de bonnes nouvelles, et surtout pas des « demi-bonnes nouvelles ».
Pour en savoir davantage sur le Centre de périnatalité sociale Le Bourgeon, consultez le site web et la page Facebook.

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