« Je ne changerais rien », lance sans hésitation, Mme Thibaudeau, mère d’une fille et de deux garçons qui ont tous franchi le cap des 30 ans : Audrey, Maxime et un certain Mikaël. Oui, oui, le fameux « King des bosses », cinq fois médaillé olympiques en ski acrobatique aux bosses.
Une grande chance
Assistante chiropraticienne avec son conjoint Robert Kingsbury, pratiquant à Saint-Eustache, Julie estime que de s’occuper de ses enfants a été gratifiant à bien des égards, même si parfois, en parlant avec des amies qui avaient mis leur carrière à l’avant, elle se disait: « Et si moi aussi… ».
« Si j’avais une carrière professionnelle, je ne serais pas avec mes enfants. Je n’aurais pas voulu passer à côté de la vie de mes enfants. La plus grande mission que je m’étais donnée à moi-même, c’était ça. J’ai pu profiter de chaque étape de la vie de mes enfants et d’en faire partie. C’est une grande chance », confie la native de Hull et résidente de Deux-Montagnes.

Une femme engagée
Cela dit, Julie Thibaudeau n’en est pas moins une femme engagée et la cause des femmes lui tient à cœur depuis longtemps. « J’avais 6-7 ans et je voyais ma grand-mère signer ses chèques avec le prénom et le nom de mon grand-père. Cela m’insurgeait. Je disais : ‘’Mais, voyons grand-maman, ce n’est pas ton identité à toi, ce n’est pas toi, ce n’est pas ton nom’’. C’est marquant quand tu es une petite fille; je n’arrivais pas à comprendre qu’elle n’utilise pas son nom, ce que ma mère faisait », se rappelle celle qui dit avoir eu un « beau modèle » de mère; une « femme indépendante qui avait son commerce et qui ne demandait pas la permission pour faire ses achats ou ses choix ».
Selon Mme Thibaudeau, la lutte des femmes ne sera jamais terminée. D’ailleurs, elle a été partie prenante de ce combat dans les années 1990 en étant membre du conseil d’administration et présidente durant deux ans de La Mouvance; un centre des femmes basé à Saint-Eustache qui a fondé en 1995 la Maison l’Esther; un organisme offrant de l’aide et de l’hébergement pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale.
« Mes enfants étaient jeunes. C’était loin de moi, ces problèmes-là. C’est quelque chose que je ne connaissais pas. Mais, je voulais m’impliquer dans la société », de confier Mme Thibaudeau qui a aussi participé à cette fameuse marche « Du pain et des roses » qui avait, en juin 1995, réuni 18 000 personnes devant l’Assemblée nationale, à Québec.
Se tenir debout
Grand-mère de cinq petits-enfants, dont trois jeunes filles âgées de 4, 7 et 9 ans, elle affirme que c’est pour elles qu’elle se tiendra toujours debout.

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Julie Thibaudeau