Des sous-verres portant des messages courts et évocateurs, qui seront distribués dans ces établissements, serviront de point de départ à la réflexion souhaitée.
Initiée et conçue par la Table de violence conjugale et familiale de la MRC de Deux-Montagnes et du sud de Mirabel et portée par un collectif regroupant également les tables de concertation de la MRC de Thérèse-De Blainville, de la MRC de la Rivière-du-Nord et nord de Mirabel, de la MRC d’Argenteuil, de la MRC des Pays-d’en-Haut et de la MRC des Laurentides, la campagne « Quel modèle es-tu ? » a officiellement été lancée dans le cadre d’une conférence de presse tenue à Saint-Eustache le lundi 11 mai dernier.
En présence de représentants de corps policiers, d’élus municipaux, de représentants de députés provinciaux et fédéraux ainsi que d’intervenants concernés par la problématique et membres du comité de conception, Valérie Godin, travailleuse sociale au Service de police de la Ville de Saint-Eustache (SPVSE), et Isabelle René, travailleuse sociale à la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes (RPLDM), ont dévoilé les fameux sous-verres.

Des voitures anciennes comme visuel
Pour accrocher l’œil de ceux et celles qui les verront, le comité de conception chargé de cette campagne a donc conçu trois sous-verres, chacun illustré de voitures anciennes évoquant des situations tirées du quotidien et portant un message distinct. De l’autre côté du sous-verre se trouve un code QR qui, une fois numérisé, redirige vers une page de ressources et d’informations afin que les personnes ne restent pas seules face au message et puissent obtenir du soutien.
« Ce n’est pas anodin comme choix. Ça nous rappelle un modèle dépassé qui n’a plus sa place dans les relations d’aujourd’hui. Les sous-verres mettent en lumière des modèles de comportements violents souvent banalisés, comme la jalousie excessive, le contrôle et les excès de colère », d’expliquer Isabelle René.
« L’objectif de cette campagne est à la fois simple et ambitieux : susciter une prise de conscience grâce à des messages courts, accessibles, intégrés au quotidien qui invitent à réfléchir sur ses comportements », d’ajouter sa collègue Valérie Godin.
Si les bars et restaurants ont été ciblés, c’est qu’ils représentent, expliquent les deux travailleuses sociales, des lieux où « les discussions sont naturelles » et permettent de rejoindre des personnes qui ne le seraient pas par une campagne plus traditionnelle.

Quelques statistiques
Selon les chiffres fournis par Valérie Godin, près de 40 % des femmes québécoises ayant été en relation ont vécu au moins un acte de violence au cours de leur vie. En 2022, 25 401 infractions conjugales ont été rapportées, soit environ 70 par jour. Et on estime que près de 74 % des situations ne sont jamais déclarées.
Autre donnée qui rappelle l’importance de multiplier les initiatives de prévention et de sensibilisation, en particulier celles qui permettent d’intervenir en amont comme la campagne « Quel modèle es-tu ? », une femme est tuée tous les deux jours dans un contexte conjugal au Canada.
Au Québec, 10 féminicides présumés auraient été commis, en date du 8 mai dernier, depuis le début de l’année 2026, dont un survenu à la fin février à Saint-Jérôme ; un nombre plus élevé qu’à la même date en 2025.
Renseignements additionnels
En tout, 90 000 sous-verres ont été imprimés et seront distribués par des agents de déploiement ciblés par les six tables de concertation participantes à cette campagne de sensibilisation. Déjà, des établissements ont été identifiés, mais il est possible pour les restaurateurs et tenanciers de bar qui souhaitent en obtenir de se rendre directement au formulaire via le site internet.
Pour prendre connaissance des informations accompagnant les sous-verres, il suffit de se rendre sur les sites suivants :
Ne reste pas figé dans le temps ;
Fais-tu plus confiance à ton partenaire qu’à la géolocalisation ?
Précisons, enfin, que la mise sur pied de cette campagne de sensibilisation est rendue possible grâce à la participation financière du Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides (CISSS) des Laurentides.

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