Ce défi s’amorcera ce vendredi 11 septembre prochain, sur le coup de 9 h 11, au parc national d’Oka, le « terrain de jeu » de Louis Marois depuis qu’il est tout petit. Il a prévu effectuer chaque jour, beau temps mauvais temps, une boucle de 84 km; un objectif qu’il estime avoir 95 % des chances de réaliser.
« Je me garde un 5 % au cas où… comme une tendinite », explique ce résident d’Oka âgé de 54 ans.
Un défi à saveur symbolique
Le nombre de km, la date du début de ce défi et l’heure à laquelle il s’amorcera près du bâtiment abritant le centre de services Le Littoral ne sont pas anodins. D’abord, les 911 km et le départ à 9 h 11 font évidemment référence au 911, le numéro à composer pour joindre la police, les pompiers ou les paramédics en cas d’urgence.
La date du 11 septembre est, bien sûr, celle associée aux attentats du 11 septembre 2001 qui se sont déroulés, il y a 25 ans cette année, aux États-Unis, causant, entre autres, à New York, l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center.
« C’est très symbolique », convient, en entrevue, Louis Marois qui, avec ce défi, veut rendre hommage, à sa manière, à ceux qui interviennent lorsque survient le pire, comme cela a été le cas en 2001.

Un défi personnel
Au-delà de la symbolique des dates et des chiffres, Louis Marois souhaite, en réalisant ce Défi 911, sensibiliser la population à l’importance de la santé mentale chez les premiers répondants, tout en amassant des fonds pour soutenir cette cause. Témoin, dans le cadre de ses interventions, de la détresse humaine et d’événements traumatisants, il a lui-même vécu des cauchemars la nuit, de l’hypervigilance et de l’irritabilité.
« J’étais un peu plus à cran, plus explosif, plus autoritaire à l’égard de ma fille Éloïse. Je ne voulais pas qu’elle se retrouve dans cette misère sociale que je voyais lors de mes interventions. Je me suis mis un stress de performance pour élever ma fille, pour être sûr qu’elle marche droite », confie-t-il, reconnaissant que cela a fini par miner sa vie familiale.
« On m’a toujours considéré comme un fonceur, comme quelqu’un qui n’a pas froid aux yeux », fait-il remarquer pour expliquer pourquoi il a pris un certain temps avant de demander de l’aide.

Un séjour à la Maison La Vigile
En janvier 2018, à la suite d’une intervention de son ex-conjointe, Louis Marois décide de faire appel à la Maison La Vigile, un organisme venant en aide, entre autres, aux intervenants d’urgence et aux personnes vivant différentes difficultés psychologiques. Il y passera quatre semaines, se retrouvant avec 16 autres participants – paramédics, pompiers, policiers et militaires – confrontés eux aussi aux réalités psychologiques de leurs métiers.
Cette retraite fermée lui a surtout permis de comprendre qu’il n’était pas « tout seul dans ce bateau-là » et qu’il était possible d’aborder son travail de paramédic différemment. Ce qu’il a fait lorsqu’il a repris le collier au mois d’octobre 2018.
« J’ai appris à gérer mon travail, les situations. Quand j’ouvre une porte, je m’occupe de mon patient, peut-être mieux qu’avant, sans penser à vouloir changer tout le système, comme si j’étais David contre Goliath. J’ai mis la pédale douce », constate-t-il.
Reconnaissant pour le soutien reçu de la Maison La Vigile, l’Okois souhaitait « redonner au suivant » avant de prendre sa retraite. Ce défi, il y pensait depuis plus de deux ans, mais c’est à l’automne 2025 qu’il a décidé de le réaliser en septembre 2026, estimant avoir l’énergie, mais aussi le temps voulu, pour s’y préparer adéquatement.
Un défi qui demande de la préparation
Même si le chiffre de 911 km peut sembler tout aussi vertigineux qu’exigeant, il ne fait pas du tout peur à Louis Marois, un habitué de la course qu’il pratique depuis l’âge d’environ 10 ans. Au fil des années, privilégiant ce sport au hockey et au ski de fond, il s’est tourné vers les longues distances et les ultras.
Il a notamment participé à des épreuves comme la Diagonale des Fous, l’une des courses d’endurance les plus difficiles au monde, traversant l’île de La Réunion du sud au nord, et le Madeira Island Ultra-Trail, sur l’île de Madère, au Portugal.
Ces dernières semaines, il s’est préparé en augmentant progressivement les distances parcourues : 250 km, 400 km, puis, il y a six semaines, 515 km. Depuis, bien qu’il coure malgré tout 80 km par semaine, son corps est actuellement en « mode récupération » en vue de ce Défi 911. « À un moment donné, le corps, il est saturé. Ça ne te donne absolument rien d’en faire plus », explique-t-il.
Aidé de son bon ami Yan Bonhomme, également conseiller municipal, qui voit aux aspects logistiques et promotionnels de l’activité, et soutenu par la Municipalité d’Oka et son maire Patrick Hardy, Louis Marois a amassé jusqu’à maintenant un peu plus de 13 000 $; l’objectif ultime étant fixé à 25 000 $. Atteindre 15 000 $ serait déjà satisfaisant pour lui.
Renseignements additionnels
Les coureurs pourront également participer au Défi 911, le 11 septembre prochain, de façon individuelle ou en équipe, peu importe le nombre de kilomètres parcourus. Pour en savoir davantage, il est possible de consulter le site de la Municipalité d’Oka.
Consultez les renseignements concernant les dons ou sur Louis Marois.

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