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Alphabétisation : briser le silence

Photo Francois Perras – Le 31 août dernier s’est déroulé une célébration des gagnants et gagnantes des bourses Retour réussite.

Alphabétisation : briser le silence

Publié le 16/09/2026

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alphabétisation, le 8 septembre, et des bourses Retour réussite, la porte-parole de la Fondation pour l’alphabétisation rappelle que les difficultés de lecture et de compréhension touchent une proportion importante de la population.

Selon un sondage Léger cité par la Fondation, 69 % des Québécois ignoreraient qu’environ une personne sur deux (52 %) en âge de travailler éprouve des difficultés à lire ou à comprendre des textes longs et complexes.

Pour Salomé Corbo, les difficultés en littératie demeurent un enjeu largement invisible au Québec. Porte-parole de la Fondation pour l’alphabétisation depuis 2014, la comédienne estime que le principal problème réside notamment dans le fait que la société parle encore trop peu de cette réalité.

« Je pense que c’est parce qu’on n’en parle pas. Et quand c’est tabou, le problème, il ne se résout pas », assure-t-elle.

La Fondation met notamment cet enjeu en lumière par l’entremise des bourses Retour réussite. Pour leur 15e édition, 20 adultes apprenants provenant de différentes régions du Québec ont reçu une bourse de 1 500 $ afin de soutenir leur retour aux études et le développement de leurs compétences de base. Deux récipiendaires sont issus des Laurentides, soit Cynthia Lemieux et Arda Kayan.

« Reprendre le contrôle »

Lors d’une cérémonie tenue le 31 août, la Fondation pour l’alphabétisation a célébré les récipiendaires des bourses. Pour Salomé Corbo, ces adultes font preuve d’une grande détermination.

« Ces remises de bourses-là sont des moments où on voit la résilience, le courage, la persévérance d’adultes qui veulent reprendre un peu le contrôle de leur liberté », dit-elle.

Pour elle, la littératie est intimement liée à cette liberté. Lire et comprendre un document peut être nécessaire dans des situations aussi courantes qu’une transaction financière, un contrat ou encore la compréhension d’un diagnostic.

Elle insiste toutefois sur une distinction importante : éprouver des difficultés en littératie n’est pas une question d’intelligence.

« Ce n’est jamais une question de compétence ou d’intelligence, c’est une question de parcours », assure-t-elle.

Des stratégies au quotidien

Salomé Corbo estime également que les personnes qui vivent avec des difficultés de lecture développent souvent des stratégies pour fonctionner au quotidien, parfois pendant des années.

« Ils sont franchement plus débrouillards et plus persévérants que nous parce que ça fait des années qu’ils vivent avec des difficultés que nous, on n’a pas », souligne-t-elle.

La porte-parole invite également la population à participer au programme La lecture en cadeau, qui permet d’offrir des livres neufs à des enfants issus de milieux défavorisés.