Mikaël Kingsbury flotte « toujours sur un nuage », de son propre aveu. Pas étonnant puisque, 24 heures et des poussières plus tôt, le natif de Sainte-Agathe-des-Monts a disputé sa dernière course olympique en carrière – et l’or était au rendez-vous.
Au lendemain encore, « c’est tough de trouver les mots », admet l’olympien.
La gamme d’émotions a été au rendez-vous lors de la dernière semaine dans le clan Kingsbury. À la suite d’une médaille d’argent décidée aux points de virage, il était visiblement déçu. « J’avais un peu plus le couteau entre les dents », lance l’athlète de 33 ans. Il ne le cache pas : « s’il y avait une médaille d’or à aller chercher, c’est celle du duel. » Il voulait « être le premier de l’histoire » à remporter cette nouvelle discipline, même s’il savait que ça ne serait pas facile.
« J’ai bien joué mes cartes », raconte le « King des bosses ». L’épreuve en parallèle a été marquée par plusieurs erreurs chez les skieurs, ce qui a profité à Kingsbury. Selon sa préparation, s’il se faisait dépasser en descente, une erreur finirait par survenir. Des fautes se sont effectivement produites en ronde des 16, en huitième, en quart, en demi-finale et en grande finale.
Le calme olympien a pris tout son sens chez le médaillé d’or. Au bout du fil, il confirme ne pas avoir été « stressé de l’événement » et s’être senti à l’aise de « prendre des risques calculés ».

Une histoire de famille
Si Mikaël Kingsbury est à court de mots pour décrire sa victoire, il en va de même pour la portée de ses médailles olympiques. « La première, c’est la réalisation du rêve, et de le refaire en duel, c’est encore plus spécial. »
Cette conquête a été d’autant plus significative qu’il l’a vécue entouré de sa famille. Il dit avoir pu les entendre « du haut du parcours » l’encourager, en plus d’être accompagné d’un nouveau partisan : son fils. « Je suis content de leur avoir donné de quoi célébrer », complète-t-il.
En un claquement de doigts, celui qu’Alexandre Bilodeau disait destiné à « gagner les Jeux olympiques et tous ceux d’après » a écrit sa propre histoire. Kingsbury le résume ainsi : « J’ai tout donné ce que j’avais » dans ce « scénario de film ».
Pour la suite, même s’il se dit toujours « passionné par [son sport] », d’autres projets l’attendent. L’heure est au repos, mais il n’a pas totalement terminé de compétitionner. Sa carrière olympique est complète, mais il lui reste peut-être une dernière course : « Je vais probablement juste faire le Championnat canadien à Saint-Sauveur […] J’ai fait ma première compétition de ski de bosses là-bas et je veux faire ma dernière là-bas. »
Et après ça, Mikaël ?
« That’s it, that’s all ! »

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