Selon les informations rapportées, il aurait été retrouvé endormi au volant à un feu rouge. Son permis aurait été suspendu et son véhicule remorqué.
Je le dis clairement, sans détour : conduire avec les facultés affaiblies, c’est grave, c’est dangereux, et c’est inacceptable. Point. On ne joue pas avec la vie des autres. Et lorsqu’une personne occupe un poste de confiance auprès du public, l’exigence d’exemplarité est encore plus élevée.
Mais en même temps, je refuse qu’on traite ce type d’événement uniquement comme un spectacle public, un moment de honte à consommer et à partager. Parce que derrière un geste répréhensible, il y a aussi un être humain, des proches, des enfants parfois, une famille, des collègues, et une communauté qui encaisse le choc. Dire cela ne minimise pas la faute. Ça rappelle simplement qu’une société en santé est capable de tenir deux vérités à la fois. Protéger le public avec fermeté et conserver une part d’humanité.
Ce qui m’inquiète, c’est la facilité avec laquelle on glisse vers l’indignation instantanée, le jugement définitif et la moquerie, avant de passer à autre chose. Pourtant, le débat mérite d’être abordé avec recul.
La consommation problématique touche toutes les familles, de près ou de loin.
Nos premiers répondants sont exposés à des réalités dures. Traumatismes, stress chronique, situations extrêmes. Est-ce qu’ils sont plus à risque ? Est-ce que l’accès au soutien psychologique et aux traitements est réellement adapté à leurs réalités ?
Quand un incident survient, quels mécanismes existent chez les employeurs, dans les conventions, avec les syndicats, avec les programmes d’aide pour intervenir tôt, efficacement, et éviter l’escalade ?
Les articles mentionnent aussi qu’il aurait déjà été arrêté en 2018 pour une infraction semblable, et que l’ex-maire a réagi publiquement. Je comprends l’émotion et la déception. Dans ce contexte, il importe de se rappeler le rôle essentiel de l’information : contribuer à une compréhension complète des faits, avec le recul nécessaire.
Je pose donc une question simple, comme citoyen parmi les citoyens : notre débat public cherche-t-il seulement à réagir, ou aussi à comprendre, prévenir et proposer des solutions ?
Et pendant qu’on y est, regardons-nous collectivement. Nous vivons dans une société où l’alcool est normalisé, promu, livré à domicile, présent partout dans la culture populaire. Ça n’excuse rien. Mais ça devrait nous pousser à réfléchir à l’ensemble de l’écosystème. Prévention, accès aux soins, dépistage, responsabilités individuelles, et responsabilités collectives.
Du côté de la Municipalité, je veux être prudent. Il existe des processus administratifs et légaux, des règles de confidentialité et d’équité, et nous devons agir correctement, sans improviser sur la place publique. Ce que je peux dire, c’est que la sécurité du public demeure non négociable et que nous traiterons la situation avec sérieux, rigueur et respect des procédures.
Enfin, à celles et ceux qui suivent cette histoire, je souhaite dire ceci simplement.
La conduite avec facultés affaiblies doit être dénoncée sans ambiguïté. En même temps, il nous revient de réfléchir à la manière dont on peut, comme société, réduire ces drames : par la prévention, des ressources accessibles, un accompagnement adapté et une conversation publique qui favorise la compréhension.
Si cette lettre ouverte peut servir à quelque chose, j’aimerais que ce soit à ceci. Transformer un événement triste en conversation utile. Pour nos familles, pour nos jeunes, pour nos travailleurs, et oui, pour ceux qui nous protègent au quotidien.

MOTS-CLÉS
Oka
Patrick Hardy
Sylvain Johnson