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Nuit des sans-abri – Mirabel tient le fort jusqu’au matin

Photo Christophe Godon – Nuit des sans abri

Chaleur humaine et défis collectifs à Mirabel

Nuit des sans-abri – Mirabel tient le fort jusqu’au matin

Publié le 22/10/2026

Malgré la pluie tombée durant la journée et une température frôlant le point de congélation, la Nuit des sans-abri s'est déroulée le vendredi 16 octobre au skatepark de Saint-Janvier, où des campements de personnes en situation d'itinérance ont fait leur apparition ces dernières semaines.

Pour les organisateurs, annuler n’a jamais été une option : ceux qui dorment dehors n’ont pas le luxe de choisir la météo.

Cette 37e édition de la Nuit des sans-abri, organisée simultanément dans plusieurs municipalités du Québec, a pris une dimension particulière à Mirabel. Alors que la plupart des rassemblements des environs se terminaient vers 22 h ou minuit, les organisateurs mirabellois avaient prévu de maintenir leur vigie jusqu’à 6 h le lendemain matin.

« Seul Mirabel a levé la main cette année pour tenir le fort toute la nuit », souligne Marc-André Beaulieu, du Centre d’hébergement multiservice de Mirabel (CHMM), qui siège également au comité national en itinérance.

Le skatepark devenait ainsi un point de ralliement pour les participants des autres veillées de la région souhaitant poursuivre leur mobilisation. Cette volonté de demeurer sur place jusqu’au matin prenait tout son sens à l’approche de l’hiver, alors que des personnes devront passer les prochains mois sans logement stable, parfois pour la première fois, parfois après plusieurs hivers passés dehors.

Dans une rue résidentielle nocturne, un groupe pose devant des stands éclairés et des tentes bleues près d’une maison
Photo Christophe Godon – Isabelle Gauthier, conseillère municipale, Kimberly Rodrigues, avec son conjoint et conseiller municipal Patrick Rebelo, les conseillers David Bélanger, Sébastien Hamel et Marie-Eve Verdier, Geneviève Langlois, directrice de la maison de la famille, Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel et Samuel Nantel, conjoint de Mme Verdier, étaient réunis pour saluer et appuyer l’initiative mirabelloise. 

Une communauté mobilisée

Tout au long de la soirée, les citoyens pouvaient rencontrer les représentants de plusieurs organismes communautaires et services de proximité. Le CHMM, la police de Mirabel, le centre de femmes Liber’elles, le Carrefour jeunesse-emploi, le Centre de prévention des dépendances globales, la Maison de la famille et L’Atout tenaient notamment des kiosques pour faire connaître leurs services.

De la soupe, des hot-dogs, du maïs soufflé et du café étaient offerts gratuitement. Une table de dons permettait également de recueillir et de redistribuer couvertures, manteaux, matelas de sol et autres articles destinés aux personnes les plus démunies.

La musique occupait aussi une place importante dans le rassemblement. Bien ancré dans la communauté mirabelloise, le groupe Bon Vivant est monté sur scène pour une cinquième participation à la Nuit des sans-abri.

La mairesse Roxanne Therrien est venue passer environ une heure sur place, accompagnée de plusieurs membres du conseil municipal et de représentants du milieu communautaire.

« Merci pour votre chaleur et bravo à notre fabuleux CHMM pour l’organisation encore cette année de cet événement important », a partagé Mme Therrien à la suite du concert.

Dans un parc urbain, des personnes échangent près d’un banc, sous des arbres éclairés par une douce lumière
Photo Christophe Godon – Le kiosque du CHMM informait les citoyens sur son organisme et ses actions en itinérance.

Une flamme pour prolonger la solidarité

Vers 22 h 30, alors que la plupart des organismes commençaient à démonter leurs kiosques, les participants se sont rassemblés autour d’un foyer installé au centre du skatepark. Le feu offrait un peu de chaleur aux personnes présentes et devenait le point central d’une vigie appelée à se prolonger durant la nuit.

Au-delà des spectacles, des dons et des rencontres, cette mobilisation visait surtout à rappeler une réalité parfois moins visible dans les municipalités des Basses-Laurentides : l’itinérance existe aussi ici, et les besoins ne disparaissent pas une fois les activités terminées.

Dans un espace boisé, des personnes discutent sous des tentes bleues, autour de tables, chaises et fauteuils roulants
Photo Christophe Godon – En fin de soirée, Marc-André Beaulieu et ceux qui restaient se rassemblaient autour du feu pour la nuit.

À la veille de l’événement, Jean-Sébastien Renaud, du CHMM, souhaitait justement que la population prenne le temps de discuter des enjeux sociaux qui entourent l’itinérance.

« On invite les gens à venir prendre la flamme avec nous », lançait-il.

Alors que les températures continueront de descendre au cours des prochaines semaines, la chaleur humaine démontrée lors de cette soirée devra trouver écho dans les efforts quotidiens des organismes qui accompagnent les personnes sans abri. Car pour celles qui vivent dehors, la vigie ne se termine pas au lever du soleil.