En cause : un sous-financement chronique qui, selon eux, fragilise dangereusement le filet social et menace la survie de plusieurs organismes.
Rassemblés sous la bannière du mouvement Le communautaire à boutte, les groupes réclament une indexation et un rehaussement significatif et récurrent du financement à la mission, inscrits de façon durable dans les budgets gouvernementaux.
Une mobilisation devenue nationale
À l’automne dernier, une centaine d’organismes de la Mauricie et d’autres régions avaient participé à une première semaine de grève. Ce qui devait être une mobilisation locale s’est rapidement transformé en mouvement de solidarité d’ampleur provinciale.
« Ce que nous vivons n’est pas isolé. On constate tous les jours que les groupes communautaires partagent la même réalité. Oui, c’est difficile de fermer des services indispensables et précieux pendant deux semaines pour se faire entendre. Mais si rien ne change, des fermetures définitives vont se multiplier. Il est là le vrai risque. », affirme Caroline Chartier, co-porte-parole du mouvement.
Des revendications structurantes
Les organismes communautaires rappellent qu’ils jouent un rôle central dans le maintien du filet social, particulièrement dans un contexte de précarité grandissante. Or, sans financement stable et adéquat, leur capacité d’action serait compromise.
Le mouvement formule cinq grandes revendications :
– des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs ;
– un financement suffisant à la mission ;
– une reconnaissance pleine et entière des organismes ;
– la protection de leur autonomie et la fin du financement précaire ;
– un engagement clair du gouvernement à investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.
« Nous demandons au gouvernement du Québec de prendre des engagements financiers clairs et durables. Nous invitons également tous les partis politiques à prendre position publiquement et à préciser leurs engagements envers le milieu communautaire. », soutient Sophie Tétrault-Martel, co-porte-parole.
Un point culminant à Québec
Des actions sont prévues dans l’ensemble des régions au cours des prochaines semaines. La mobilisation culminera le 2 avril à Québec, devant l’Assemblée nationale, où des milliers de travailleuses et travailleurs se rassembleront pour interpeller directement les décideurs.
« Ça fait des semaines que nous constatons que la classe politique manque clairement de considération envers le travail des groupes communautaires. Combien de groupes devons-nous encore mobiliser ? Doit-on toujours prendre la rue au Québec pour être pris au sérieux et entamer des discussions officielles avec les représentants du gouvernement ? », souligne Mathieu Gélinas, co-porte-parole.
Le message des organisateurs se veut sans équivoque : le mouvement s’élargit et entend obtenir des engagements concrets.
Pour en savoir plus sur le mouvement : www.aboutte.info

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