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Des ateliers de français pour les travailleurs agricoles migrants à Oka

Photo : courtoisie RATTMAQ — Des travailleurs agricoles migrants participent aux ateliers en français du RATTMAQ à la place citoyenne d’Oka.

Des ateliers de français pour les travailleurs agricoles migrants à Oka

Publié le 16/07/2026

Chaque jeudi, une quarantaine de travailleurs agricoles migrants se réunissent à la place citoyenne d'Oka pour apprendre les bases du français.

Ces ateliers gratuits, offerts par le Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ), en sont à leur deuxième édition dans la municipalité.

Le projet Divertirse en français est né en 2022 à l’île d’Orléans avant d’être implanté à Oka en 2025, explique Andréa Léon, coordonnatrice du RATTMAQ pour les Laurentides et Lanaudière. Il est aussi offert à Lotbinière, à Saint-Rémi et à Saint-Félicien.

Il ne s’agit pas de cours de français à proprement parler, précise-t-elle, mais d’ateliers pratiques d’environ deux heures. Les participants y apprennent à se présenter, à communiquer leurs informations personnelles, à s’orienter dans le temps, à faire leurs achats ou encore à décrire un problème de santé. Le travail et la sécurité à la ferme figurent aussi parmi les seize thématiques de la trousse pédagogique.

Le besoin s’est imposé sur le terrain, selon la coordonnatrice. Certains travailleurs, en cas d’urgence médicale, ne pouvaient ni donner leur nom et leurs coordonnées ni expliquer où ils avaient mal. Les ateliers visent d’abord à leur permettre d’exprimer ces phrases de base.

Salle de réunion lumineuse où des personnes échangent autour d’une table couverte d’assiettes et de boissons
Photo : Courtoisie RATTMAQ

Un engouement marqué

La participation a bondi cette année. La première saison, en 2025, avait attiré 12 travailleurs provenant de cinq fermes, pour un total de 107 participations, selon le rapport final de l’organisme. Cet été, en moyenne 45 travailleurs se présentent chaque semaine, avec des pointes de 53 participants. « Ils sont vraiment intéressés », affirme Mme Léon, qui attribue cette hausse à la visibilité des pages Facebook et TikTok de l’organisme.

La clientèle est essentiellement hispanophone. Selon Mme Léon, environ 65 % des travailleurs migrants agricoles qui viennent au Québec sont originaires du Guatemala, suivis des Mexicains et, plus récemment, des Péruviens. Ces travailleurs saisonniers, dont les contrats durent généralement huit mois, arrivent le plus souvent sans aucune connaissance du français. Le RATTMAQ les accueille dès leur arrivée à l’aéroport, puis leur transmet une invitation aux ateliers.

Le matériel comprend des cahiers d’exercices avec lexique français-espagnol, des présentations PowerPoint et des codes QR permettant d’écouter la prononciation. Des sorties, notamment au restaurant, permettent de mettre en pratique les acquis. La Municipalité d’Oka prête gratuitement la salle pour une deuxième année, un appui que la coordonnatrice qualifie de précieux.

Des obstacles demeurent. Les longues heures de travail laissent peu de temps aux travailleurs, et certains hésitent à participer par gêne ou par crainte de déplaire à leur employeur. D’autres patrons, au contraire, encouragent leurs employés et les laissent même quitter plus tôt les jours d’atelier, souligne Mme Léon.

Groupe réuni en intérieur le soir, certains tenant des documents, dans une salle lumineuse aux fenêtres donnant sur la nuit
Photo : Courtoisie RATTMAQ

Des bénévoles recherchés

L’organisme, qui comptait cinq bénévoles la saison dernière, n’en a aucun cette année. « Cette année, on n’a pas de bénévoles, donc c’est très compliqué », déplore la coordonnatrice.

Nul besoin de parler espagnol pour s’impliquer : les bénévoles sont jumelés avec une personne hispanophone lorsque c’est possible. Leur rôle consiste à projeter la présentation, à expliquer le contenu et surtout à faire entendre le français tel qu’il se parle au Québec.