Pour le député de Mirabel, Jean-Denis Garon, cette constance tranche nettement avec ce qu’il décrit comme une rupture profonde entre les promesses et les actions du gouvernement libéral minoritaire dirigé par Mark Carney.
« L’élection est très récente. On a eu une seule session parlementaire, une dizaine de semaines de travaux et déjà on ne reconnaît plus le parti pour lequel les gens ont voté », affirme le député. Selon lui, les libéraux auraient présenté un visage progressiste en campagne électorale, avant d’adopter une gouvernance marquée par le court terme, le développement des pipelines et l’abandon de plusieurs engagements climatiques et économiques.
Dans les Laurentides, ces décisions ont des conséquences bien concrètes. Jean-Denis Garon rappelle que Mirabel demeure exclue des investissements liés à la stratégie industrielle militaire fédérale. « À ce jour, Mirabel n’a pas un sou dans le peu d’argent prévu. Pire encore, l’indécision du gouvernement sur les avions de chasse est en train de faire perdre 600 emplois chez L3Harris à Mirabel », déplore-t-il. Pour le député, il s’agit d’un signal inquiétant pour une région où l’aérospatiale constitue un pilier économique majeur.
Le Bloc québécois affirme avoir multiplié les interventions pour défendre les secteurs fragilisés par la crise tarifaire, notamment le secteur forestier, mais aussi l’aérospatiale. « Les syndicats eux-mêmes disent que les aides libérales sous forme de garanties de prêts sont timides et ne sauveront pas les emplois », soutient M. Garon.
Au-delà des enjeux régionaux, le député met de l’avant plusieurs initiatives législatives portées par le Bloc. Parmi celles-ci, un projet de loi visant à donner au Parlement un véritable droit de regard sur les traités commerciaux, un autre pour lutter contre l’esclavage moderne dans les chaînes d’approvisionnement, ainsi qu’un projet visant à exclure le Québec du multiculturalisme canadien au profit de son modèle interculturel. « Notre définition de l’intégration est propre au Québec. Le multiculturalisme canadien ne mène pas à l’intégration dans notre contexte », explique-t-il.
Le Bloc revendique également un rôle central dans la défense de la gestion de l’offre, un dossier que Jean-Denis Garon considère comme un gain incontestable. « Il n’y a personne sur Terre qui pense que la protection de la gestion de l’offre est un gain des libéraux », lance-t-il, rappelant que certaines nominations envisagées par Ottawa inquiètent profondément les producteurs québécois.
En toile de fond, le député évoque un enjeu plus large : la santé démocratique. « Nous, on fait ce qu’on dit et on dit ce qu’on fait. Les Québécois ont la démonstration qu’on tient parole », affirme-t-il, estimant que le travail du Bloc contribue à « valoriser la démocratie », à l’inverse d’un gouvernement qu’il accuse de gouverner sans respecter le mandat confié par les électeurs.
Questionné sur ses résolutions, Jean-Denis Garon invite d’abord les Québécois à « être honnêtes avec nous-mêmes » à l’aube d’une année qu’il juge déterminante sur le plan politique. Il appelle à une plus grande ambition collective et à la capacité de « se prendre en main » sans dépendre constamment d’Ottawa, tout en soulignant le potentiel des jeunes générations. « Le Québec a tout ce qu’il faut pour prospérer », résume-t-il, estimant que la société québécoise « mérite mieux que du pétrole ».
Pour Mirabel et les Laurentides, le message est clair : le Bloc québécois entend demeurer une force de vigilance à Ottawa, en misant sur la défense des emplois, des compétences régionales et des choix collectifs du Québec.

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