Les fermes de Saint-Eustache existaient, mais elles n’étaient nulle part. Aucune liste, aucun portrait d’ensemble d’un territoire agricole pourtant vaste. « C’était des données qu’on ne possédait pas »,
constate Alexandra Simard, conseillère au développement économique pour IDÉ Saint-Eustache. C’est ce vide que vient combler le bottin des productions agricoles, présenté lors du lancement de la campagne d’achat local.
Avant ce répertoire, l’organisme ignorait combien d’entreprises agricoles occupaient son territoire, où elles se trouvaient et ce qu’elles produisaient. Le recensement s’est fait à la main, sur le terrain, ferme par ferme. « On essaie d’avoir un résultat le plus précis possible », précise la conseillère, qui voit le document comme évolutif, à corriger et à enrichir par les producteurs eux-mêmes.
Des retombées à bâtir dans le temps
À court terme, le gain pour l’agriculteur est direct : être vu. Le bottin lui offre une visibilité et un meilleur référencement auprès des restaurants, des citoyens et des autres entreprises. Il a d’ailleurs déjà été envoyé à tous les restaurateurs et transformateurs de la ville, accompagné d’un calendrier des récoltes inspiré des Aliments du Québec et d’une invitation aux circuits courts. Pour un producteur jusque-là invisible, c’est une porte d’entrée vers de nouveaux clients.
À moyen terme, l’organisme mise sur les maillages : que les restaurateurs s’approvisionnent davantage auprès des fermes d’ici. L’exemple était sous les yeux des invités. L’événement, organisé par la chambre de commerce et le groupe JCL, se tenait chez Éco-Verdure, qui cultive des produits de niche et fournit déjà des tables de la ville, dont le Géraldine. Un circuit court qui fonctionne, et que le bottin cherche à reproduire ailleurs.

À long terme, Mme Simard parle d’un écosystème plus solide et d’une économie locale plus résiliente, où l’argent dépensé reste dans la communauté. C’est l’ambition qui justifie l’outil, même si elle mettra du temps à se concrétiser.
La conseillère ne survend rien. Au-delà de la visibilité immédiate, ces retombées demeurent pour l’instant des projections de l’organisme. « C’est difficile à mesurer », reconnaît-elle, et les maillages concrets viendront plus tard.
Le bottin vise d’abord les entreprises. Il est en ligne sur le site d’IDÉ Saint-Eustache, dans la section boîte à outils, et sera relayé dans l’infolettre ; une ouverture au grand public pourrait suivre. D’ici là, la conseillère rappelle un rendez-vous concret pour les producteurs : le marché public, à sa 18e édition dès le 4 juillet. « Soutenir nos producteurs, faire le choix d’acheter localement », résume-t-elle.
Pour l’instant, le bottin reste un point de départ. L’organisme évaluera plus tard s’il a mené à des achats locaux concrets chez les producteurs de Saint-Eustache.

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