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Se sucrer le bec grâce au nord des Laurentides

Photo courtoisie –

Daniel Bourdon se réjouit de l’industrie acéricole de sa MRC.

Se sucrer le bec grâce au nord des Laurentides

Publié le 23/03/2026

Dans la MRC d’Antoine-Labelle, l’érable fait bien plus que couler au printemps. Il participe activement à la vitalité économique et touristique de ce vaste territoire qui représente à lui seul près de 73 % de la superficie des Laurentides.

Pour le maire de Mont-Laurier et préfet de la MRC, Daniel Bourdon, l’acériculture s’impose comme l’un des piliers d’un développement bien ancré dans le territoire.

Le secteur y occupe une place importante. On y compte aujourd’hui 66 entreprises acéricoles, soit environ le tiers de celles des Laurentides, générant des retombées économiques évaluées à près de 11,5 millions de dollars. La région produit également plus de 700 000 entailles, un potentiel rendu possible par l’immensité du territoire et l’abondance des érablières.

Mais l’acériculture locale ne se limite pas à la production de sirop. Plusieurs entreprises diversifient leurs activités : transformation de produits dérivés, cabanes à sucre offrant des repas traditionnels, ou encore accueil touristique. « On voit de plus en plus de petits producteurs qui se lancent dans la transformation et qui développent leur propre signature », souligne Daniel Bourdon. Cette diversité contribue à enrichir l’offre régionale tout en renforçant le lien entre agriculture et tourisme.

Les avantages et les défis de la nordicité

Située plus au nord que les grands centres de la région, la MRC d’Antoine-Labelle doit composer avec certaines réalités propres à sa géographie. Le transport des produits représente l’un des principaux défis pour les producteurs, notamment lorsqu’il s’agit d’acheminer les produits vers des marchés plus éloignés.

« La mise en marché peut être plus difficile pour nous à cause de la distance », explique le préfet. Malgré cela, la nordicité comporte aussi ses avantages. Contrairement à certaines perceptions, le climat n’est pas si éloigné de celui du sud de la province : les saisons y suivent un rythme comparable, permettant à l’industrie acéricole de prospérer.

Le territoire offre également un potentiel de développement considérable. À l’échelle du Québec, environ 50 000 hectares seraient disponibles pour l’acériculture; la MRC d’Antoine-Labelle en compterait à elle seule près de 13 000, soit plus du quart de ce potentiel.

Une destination gourmande

Au-delà des érablières, l’érable joue aussi un rôle dans l’attractivité touristique du nord des Laurentides. Chaque printemps, des visiteurs provenant notamment de l’Abitibi et d’ailleurs viennent vivre l’expérience de la cabane à sucre dans la région.

Certains groupes parcourent même plusieurs heures pour profiter de l’ambiance chaleureuse des établissements locaux : repas traditionnels, produits artisanaux et paysages forestiers se combinent pour créer une expérience complète. Plusieurs visiteurs prolongent d’ailleurs leur séjour en profitant de l’hébergement et des attraits touristiques du secteur.

Pour Daniel Bourdon, cette synergie entre acériculture et tourisme représente une avenue prometteuse. « Les gens viennent pour le sirop, mais ils découvrent aussi la région », résume-t-il.

Dans une MRC marquée par l’immensité de ses forêts et la richesse de son territoire public, l’érable demeure ainsi un fil conducteur entre économie locale, traditions et développement régional. Une ressource qui, année après année, continue de couler au rythme du printemps… et de faire rayonner le nord des Laurentides.