Il accède à la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie de Deux-Montagnes dans un contexte fragile, où les nerfs sont à vif. Les enjeux sont de taille et les exigences, nombreuses.
La volonté, ce n’est pas ce qui manque à M. Sadiot. Il veut revoir de fond en comble la structure, le fonctionnement et le cadre réglementaire de la Chambre, dans le but, dit-il, de la transformer en une organisation autonome et durable. Il dispose de seulement quatre mois pour y arriver. Parviendra-t-il à exécuter son ambitieux plan en si peu de temps ?
Il est conscient de la lourdeur de la tâche qui lui incombe, étant au fait des nombreuses turbulences ayant secoué l’organisation. Il essaie toutefois de trouver des façons d’apaiser la situation, et de placer la Chambre sous l’ère du changement en commençant à « construire ensemble et en disant non à la division. »
Il est marqué, dit-il, par le sens du devoir ainsi que par son attachement à la communauté d’affaires de la région de la MRC de Deux-Montagnes. Dans ces moments, « ça prend des gens qui s’engagent, qui veulent changer, qui veulent redynamiser, assure le nouveau président qui dit avoir été préparé aux défis, à gérer l’incertitude, à structurer dans l’urgence et à garder le cap. »
Priorités
Olivier Sadiot fonde ses priorités sur trois principaux points qu’il considère comme le socle de son court mandat. Il veut mobiliser la CCI2M autour de ses grands événements, mettre en place les bases d’un plan de redressement durable et surtout rétablir un climat apaisé et de confiance. Selon lui, c’est « la base pour pouvoir, de part et d’autre, commencer à mettre nos énergies, à trouver des solutions. »
« Créer plus d’instabilité et de conflits nous détourne des actions qui doivent être mises en place dès maintenant. Le but ultime de la Chambre, c’est de rassembler. Ce n’est pas de diviser. »
Olivier Sadiot, président, CCI2M
Il a d’ailleurs commencé à poser les bases de sa stratégie en rencontrant plusieurs parties prenantes importantes, notamment d’anciens gouverneurs de la Chambre.
Un tournant
M. Sadiot annonce que les états financiers, qui n’avaient pu être présentés lors de la dernière assemblée générale, seront soumis aux membres lors de la prochaine assemblée. « On va saisir l’opportunité de la prochaine assemblée générale, notamment celle des élections, pour faire la présentation des états financiers », a-t-il indiqué.
Quant à la date de l’assemblée générale d’élection, elle n’est pas encore fixée, bien que le cadre réglementaire en détermine déjà la tenue. « Les règlements généraux de la Chambre prévoient la période du 1er mai au 30 juin pour la tenue d’une assemblée générale élective », a précisé le nouveau président, ajoutant que la date sera communiquée dès que le dépouillement des candidatures sera complété.
C’est un énorme défi à relever, reconnaît Olivier Sadiot. Mais il garde l’espoir que le changement dont il rêve pour la Chambre se concrétisera. Il se dit convaincu qu’un renouveau est sur le point de s’opérer, et qu’il serait dommage de le laisser passer, appelant toutes les parties concernées à « tendre la main ou à accepter celle qui leur est tendue ».
Il croit que « c’est ensemble qu’on pourra, dans deux, trois ou quatre ans, regarder dans le rétroviseur avec le sourire et la joie d’avoir traversé ces instants ».
Le nouveau président du CA souhaite rejoindre toutes les parties, qu’elles soient mécontentes ou désengagées, dit-il. La Chambre a encore des événements à tenir et a besoin de leur participation, soutient M. Sadiot. « Mais encore plus, se mobiliser parce que je pense qu’on amorce un début de réflexion qui va permettre à la Chambre de prendre un virage qui va être déterminant pour son avenir », insiste-t-il.
Un accroc aux principes ?
La nomination d’Olivier Sadiot survient moins d’un an après ses premières implications au sein de la CCI2M, d’abord comme membre, puis comme administrateur. Il accède à la présidence alors que les règles internes exigeraient, selon d’anciens dirigeants de la CCI2M, qu’un administrateur siège au conseil pendant un an avant de pouvoir aspirer à ce poste.
Le nouveau président explique son ascension fulgurante par un besoin de restructuration du conseil. Pour lui, il s’agit de saisir une opportunité. « On dit souvent qu’en chinois, le mot crise se traduit par opportunité », déclare-t-il.

MOTS-CLÉS
olivier sadiot
Nouveau président
CCI2M