Pour les producteurs agricoles de Mirabel, la hausse arrive à un bien mauvais moment, alors que les récoltes mobilisent tracteurs, batteuses et transport.
Alexandre Ladouceur, producteur agricole de la Sucrerie Bonaventure et de la microbrasserie L’Entêté, ne se rend toutefois pas à la station-service avec ses tracteurs. Comme plusieurs fermes, son entreprise possède ses propres réservoirs, remplis directement par un distributeur.
Certains usages agricoles permettent également l’emploi de diesel coloré bénéficiant d’un traitement fiscal différent. Cela ne met cependant pas les producteurs à l’abri de l’augmentation générale du prix du carburant.
« Une année comme cette année, on fait attention. Les gros travaux qu’on avait à faire, on y pense. On se dit : on va peut-être attendre un peu », explique Alexandre Ladouceur.
À cette période de l’année, le diesel représente seulement une partie de la facture énergétique. Le maïs doit notamment être séché après sa récolte, une opération qui exige elle aussi beaucoup d’énergie.
« Le propane, c’est pour sécher le maïs. Après ça, le diesel pour les batteuses puis les tracteurs. Après ça, on tombe dans le transport. Tout ça mis ensemble, ça paraît », résume le producteur.
Le défi est d’autant plus important que les producteurs de grandes cultures ne peuvent pas simplement transférer toute l’augmentation au consommateur. Le prix du grain fluctue sur les marchés internationaux.
« Dans le grain, ce n’est pas nous autres qui décidons du prix. C’est vraiment la bourse », rappelle Ladouceur.
Le producteur doit demeurer compétitif avec du grain provenant notamment des États-Unis ou du Brésil, tout en absorbant ses propres coûts de production.
Sa ferme peut compter sur une certaine diversification. À la cabane à sucre ou à la microbrasserie, il est possible d’ajuster graduellement les prix du menu lorsque les coûts augmentent. Dans les grandes cultures, cette marge de manœuvre n’existe pas de la même façon.
La borne affichant un diesel à plus de 3 $ ne raconte donc qu’une partie de l’histoire. Les tracteurs de Mirabel ne viennent peut-être pas s’y abreuver directement, mais la hausse qu’elle affiche finit tout de même par atteindre les champs et, ultimement, le prix de certains produits en épicerie.

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