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Ladouceur du Terroir – Adoucir leur quotidien

Photo Nathaniel Bronner – Son magasin est un musée dédié aux liens entre humains qui se nourrissent les uns les autres.

Ladouceur du Terroir – Adoucir leur quotidien

Publié le 08/11/2026

« Moi, vendre un produit pour vendre un produit, c’est plate », lance Julie Ladouceur.

Sa boutique partage depuis 10 ans les créations des producteurs de la région en leur offrant une vitrine au cœur du Vieux-Saint-Eustache.

Le déclic pour cette passionnée du terroir et gagnante du prix local 2025 du Défi OSEntreprendre est survenu en 2013. Alors présidente de la CCI2M, elle rencontre Mathilde Fays, propriétaire de la chocolaterie Fays.

Leur conversation va lui donner la poussée dont elle avait besoin pour lancer son entreprise… parce qu’elle réalise qu’elle pourrait aider Mathilde en vendant ses produits. Magasin vide, sauf une tablette remplie de chocolat. Ladouceur du Terroir était née.

Liées de part et d’autre

Leur relation repose sur une mission commune : mettre de l’avant les produits locaux moins connus. La boutique de Julie est remplie de produits du terroir, bien sûr, tandis que les bouchées de chocolat que vend Mathilde sont remplies d’ingrédients québécois tous plus inconnus les uns que les autres. Inconnus, mais délicieux, c’est le pari de Mathilde. Gagné.

Lorsque la chocolatière introduit des ingrédients audacieux ou inconnus du public, sa prise de risque face aux saveurs est adoucie par les erreurs : les amochés sont vendus moins cher ou offerts en dégustation. Comme ça, les gens qui veulent prendre moins de risques goûtent et voient s’ils aiment, explique Ellen Grandmougin, responsable marketing, vente et administration à la chocolaterie. « Et si les trois sortes aux ingrédients inconnus sont toutes bonnes, alors peut-être que les autres qu’ils ne connaissent pas le sont aussi! »

La boutique a quand même ses limites : « Si on ne vendait pas à l’extérieur, on ne survivrait pas », reconnaît Mathilde.

Cette réalité a frappé Julie durant l’entrevue avec L’Éveil. L’entrepreneure n’avait pas réalisé à quel point elle offre de la stabilité à « ses » producteurs. « On sait que nos produits seront bien représentés lorsqu’ils sont chez Ladouceur, elle nous met de l’avant », glisse Sophie, coordonnatrice aux opérations chez Fays.

Soutenir, nourrir

Entre les fermetures de producteurs locaux et d’autres magasins comme le sien qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, elle réalise que sa boutique permet à plusieurs familles de vivre, au-delà de la sienne. Moment émotif pour celle qui ne trouvait pas que 10 ans, c’était une grosse affaire, jusqu’à ce que ses clients lui fassent réaliser que oui, ce l’est.

Julie voit combien les gens sont heureux d’acheter local, surtout depuis la pandémie et les actions de nos voisins du sud. « Certains viennent manger plusieurs fois par semaine ici. On les connaît, on connaît leurs histoires. »

Des histoires. « Je vends une histoire. Je connais la personne qui a mis le produit en pot, et celle qui les a fait pousser. Je peux le vendre parce que j’y crois, je sais que tu mets ton cœur. » Tout en elle dévoile son amour pour les autres, un amour que les gens lui rendent bien. On récolte ce que l’on sème, comme dirait un producteur agricole!

Vivre avec sa communauté, s’encourager. « On devrait tous être comme ça, il me semble que ce serait moins compliqué! » s’exclame Julie.