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Huit générations de passion à La Magie de la Pomme

Photo courtoisie

Cédric Dubeault, Meyranie Dubeault, Michel Dubeault, Patricia Daoust et Roch Dubeault
sont fiers de leur entreprise à Saint-Eustache sur la terre familiale depuis plus de 200 ans.

Huit générations de passion à La Magie de la Pomme

Publié le 29/06/2026

Lorsqu'elle parle de sa terre, Patricia Daoust ne compte pas les années. Elle compte les générations.

À La Magie de la Pomme, l’histoire familiale remonte à plus de deux siècles. Huit générations se sont succédé sur la même terre de Saint-Eustache, et déjà, la neuvième prépare l’avenir.

« Nous autres, ça fait plus de 200 ans que la famille est ici », raconte-t-elle avec fierté.

L’histoire remonte aux premiers Dubeault établis dans la région. Depuis, la terre s’est transmise de père en fils, puis de génération en génération, traversant les époques, les crises et les transformations de l’agriculture québécoise.

Aujourd’hui, Patricia Daoust dirige l’entreprise avec son conjoint Michel et leurs enfants. Son fils Cédric, âgé de 21 ans, est déjà associé à l’entreprise familiale. Sa fille Meyranie y travaille également, tandis que le patriarche de la famille, Roch Dubeault, continue de donner un coup de main malgré ses 88 ans.

« Mon fils conduisait déjà les tracteurs à cinq ans », raconte-t-elle en souriant.

Cette présence de plusieurs générations sous un même toit constitue, à ses yeux, la véritable richesse de l’entreprise.

Comme plusieurs fermes québécoises, La Magie de la Pomme a dû se réinventer pour survivre. La production agricole seule ne suffisait plus. L’entreprise a donc développé un important volet agrotouristique qui attire chaque année des milliers de visiteurs dans les vergers de Saint-Eustache.

« Si on avait gardé le même modèle qu’il y a 20 ou 30 ans, on n’aurait pas pu survivre », explique-t-elle.

Cette diversification représente aujourd’hui une part essentielle des revenus de l’entreprise. Les visiteurs viennent y cueillir des pommes, découvrir les installations et profiter d’un contact privilégié avec le monde agricole.

Mais derrière cette réussite demeure une préoccupation bien réelle. Comme plusieurs producteurs de la région, la famille suit avec attention l’évolution du projet de train à grande vitesse Alto.

Même si aucun tracé définitif n’a été dévoilé, Patricia Daoust s’inquiète des conséquences qu’une éventuelle emprise pourrait avoir sur des terres cultivées depuis des générations.

« Une maison, on peut la reconstruire ailleurs. Une terre, on ne peut pas la déménager », résume-t-elle.

Pour elle, l’enjeu dépasse largement la valeur financière des terrains. Il touche directement la capacité de transmettre un patrimoine familial à la génération suivante.

« Mes enfants ont choisi de rester ici. Ils ont choisi cette vie-là. Si on nous enlève une partie importante de nos terres, ils ne pourront pas simplement aller acheter ailleurs. Des terres agricoles, il n’y en a plus. »

Malgré les inquiétudes, Patricia Daoust demeure profondément attachée à son métier. Lorsqu’elle regarde les rangées de pommiers qui entourent la ferme, elle voit cédrle travail de centaines d’années accumulées par ceux qui l’ont précédée.

Et lorsqu’elle observe ses enfants et ses petits-enfants prendre part aux activités de l’entreprise, elle espère qu’ils pourront, à leur tour, transmettre ce patrimoine vivant.

Elle mentionne que l’incertitude qui règne avec le projet de TGV est difficile au quotidien et espère que les politiciens de la région se chargeront de défendre les intérêts de leurs citoyens, qu’ils soient agriculteurs ou non.