Une mobilisation qualifiée d’historique, tant par son ampleur que par les moyens de pression envisagés, incluant des fermetures temporaires de services.
Dans les Laurentides, le coup d’envoi a été donné le jeudi 19 mars, en conférence de presse au café Parenthèse à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, en présence de plusieurs dizaines d’acteurs du milieu communautaire et d’une poignée d’intervenants politiques.
Derrière cette mobilisation, un constat simple : le modèle actuel ne tient plus. Québec a annoncé 100 millions de dollars. Sur cinq ans. Ce qui représente environ 20 millions par année pour près de 4500 organismes. En moyenne, quelques milliers de dollars par groupe.
« J’ai quatre personnes dans mon équipe. Je fais comment pour augmenter mes salaires avec ça? » lance Vickie Ouellette, directrice de La Mouvance, un centre de femmes situé à Saint-Eustache. Le milieu s’est professionnalisé. Travailleuses sociales, sexologues, intervenantes spécialisées. Mais les conditions ne suivent pas.
Le résultat est concret : des équipes qualifiées qui n’arrivent plus à tenir. À cela s’ajoute un financement majoritairement par projet, rigide, qui empêche les organismes de répondre aux besoins réels, et surtout, de planifier sur le long terme car tout est constamment à recommencer. « Si j’ai de l’argent pour des collations, je dois acheter des collations. Même si le besoin est ailleurs. »

Encore les plus vulnérables qui paient
Le reproche est connu : ces fermetures feront payer les plus vulnérables. Bien consciente de l’impact que peut avoir cette mobilisation, Vickie Ouellette renverse la logique. « Plus de 80 % des effectifs sont des femmes. Et certaines d’entre elles se retrouvent elles-mêmes en situation de précarité. »
Elle explique que certains organismes en viennent même à offrir leurs propres services à leurs employés. « Ce n’est pas un avantage social que d’avoir de l’aide alimentaire! Ça n’a pas de bon sens », tonne-t-elle.
Dans les Laurentides, c’est 80 organismes qui se sont muni d’un mandat de grève pour se joindre au mouvement. « Ça, c’est sans compter les organismes qui n’ont pas de mandat mais qui font partie des actions », précise Mme Ouellette.
Du côté politique, les appuis commencent à se manifester, surtout au municipal. Pour l’instant, Oka, Mirabel et Sainte-Marthe-sur-le-Lac se sont manifestées, alors que d’autres villes sont toujours en réflexion.
Aux portes de l’Assemblée nationale
À l’échelle nationale, on parle de plus de 1 500 organismes mobilisés. Une pétition doit d’ailleurs être déposée à l’Assemblée nationale le 25 mars. Elle compte déjà plusieurs milliers de signatures. Sur le terrain, les actions se déploieront tout au long des deux prochaines semaines : mobilisations locales, activités de sensibilisation, implication citoyenne et fermetures ponctuelles de services.
Le point culminant est prévu le 2 avril à Québec, où des organismes des Laurentides se rendront en autobus pour une journée de mobilisation nationale devant l’Assemblée nationale.
Les citoyens sont invités à se joindre aux actions, notamment en partageant leur expérience du communautaire et en participant aux initiatives prévues sur place. Le message est clair : sans réinvestissement structurant, le réseau communautaire ne pourra plus absorber la pression.

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Le communautaire à boutte