Sur la terrasse bondée de la Maison de la culture de Saint-Placide, la chanteuse Naxx Bitota a fait découvrir le Mutwashi, une tradition du peuple baluba, originaire du Kasaï, en République démocratique du Congo.
Née au Congo, Naxx Bitota a quitté le pays très jeune avec sa sœur pour s’établir en Belgique, où elle a passé huit ans avant de rejoindre ses parents au Québec, en 2008. Elle chante depuis l’enfance : sa première chorale remonte à ses 8 ans, dans un registre classique et polyphonique hérité du côté maternel de sa famille. Arrivée à Montréal, elle fonde la chorale Cœur des Anges, à Notre-Dame d’Afrique, avant de lancer sa carrière solo en 2016. Elle choisit alors de délaisser le classique pour se consacrer à la musique de son pays natal.
Une tradition rarement entendue hors du Congo
Le Mutwashi n’est pas qu’une musique, explique la chanteuse : c’est toute une façon d’être, historiquement liée aux femmes guerrières du peuple baluba. Deux artistes congolais, le docteur Nico et la chanteuse Tshala Muana, ont fait connaître ce style d’abord au niveau national, puis à l’international, alors qu’il était auparavant confiné à la région du Kasaï. Naxx Bitota s’en réclame aujourd’hui l’une des ambassadrices, tout en y intégrant des influences classiques et gospel puisées dans son propre parcours.
Chanter dans une langue que la majorité du public ne comprend pas fait partie du défi qu’elle se donne. « Ce que je veux qu’ils ressentent, c’est l’émotion », confie-t-elle, souhaitant que même les yeux fermés, les gens perçoivent la joie ou la tristesse portées par la mélodie. Le concert de Saint-Placide marquait sa première présence dans les Laurentides, une région qu’elle ne connaissait pas musicalement avant ce soir-là.
Interrogée sur l’accueil réservé aux artistes immigrants dans les régions plus éloignées des grands centres-villes, Naxx Bitota a estimé que le public québécois est généralement accueillant. « Le peuple québécois est devenu encore plus riche grâce à l’immigration et à la diversité », a-t-elle souligné.
Le choix de la programmer revient au comité de la Société Arts et Culture de Saint-Placide (SAC), qui organise la série de concerts sur la terrasse de la Maison de la culture. « On s’est dit : ça partirait bien notre première terrasse, avec sa couleur musicale, son authenticité et son style afro-pop », relate Diane Parent, vice-présidente de la SAC. Le spectacle affichait complet.
D’autres rendez-vous avant la rentrée
Les amoureux de la bonne musique et de l’ambiance estivale pourront encore profiter de la programmation de la SAC après les vacances, avec Béland le 14 août, Papagroove le 15 août en soirée, Yvan Belleau le 21 août, puis Andy St-Louis, qui offrira un concert intime le 19 septembre.

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