Puis, presque à contre-courant, d’autres scènes viennent adoucir la lecture — plus lumineuses, plus tendres — comme pour rappeler qu’une vie ne se résume jamais à sa part d’ombre.
Avec un premier roman adulte, Elesig Hope aborde des thèmes sensibles tels que la violence conjugale, l’immigration et les nouveaux départs, mettant ainsi en lumière des réalités encore trop souvent passées sous silence.
Connue à Saint-Eustache pour ses œuvres jeunesse, l’autrice a ressenti le besoin d’élargir son champ d’écriture. « Après une première année consacrée à la littérature jeunesse, j’ai senti émerger le besoin d’aborder un sujet plus grave, plus ancré dans la réalité de nombreuses femmes. Le roman adulte m’offrait l’espace nécessaire pour traiter ce sujet avec délicatesse », indique-t-elle.
On y suit l’histoire d’Amira d’Ali et de son mari, Nadir Safar. En 2010, deux ans après leur mariage, ils quittent la Tunisie pour s’installer en France. C’est là que tout bascule. L’emprise s’installe lentement. La violence se transforme, gagne du terrain, devient plus présente, plus inquiétante.
Les scènes de contrôle et d’agression sont exposées sans détour. Leur lecture secoue. Et c’est précisément ce qui les rend nécessaires. Parce que la réalité qu’elles reflètent n’est ni simple ni confortable.
« Amira n’est pas le reflet d’une seule personne, mais une création littéraire qui rassemble des fragments de réalités. Elle incarne ce courage discret qui permet de survivre, puis de se reconstruire », explique l’écrivaine.
Mais le roman ne s’arrête pas à la chute.
Ce qui intéresse Elesig Hope, c’est l’après. L’affrontement des traumatismes et le long travail de guérison qui l’accompagne. Cette résilience qui ne surgit pas en éclat, mais qui s’installe dans le désir de reprendre le contrôle.
Au fil du récit, la présence de Bruno Pietro, urgentiste, vient soutenir ce processus. Le lien qui se tisse entre eux apporte une douceur inattendue. Comme si, au cœur même des blessures, subsistait encore la possibilité d’un attachement sain.
« Je souhaitais transmettre un message d’espoir et de dignité. La violence marque profondément, mais elle ne définit pas une vie. Le parcours d’Amira montre qu’il est possible de retrouver sa voix, de reprendre possession de sa vie, lentement. »
Le titre lui-même porte cette tension : la vulnérabilité, mais aussi la promesse d’une vie nouvelle. Avec Coucou l’œuf de l’autre, Elesig Hope ne cherche pas à atténuer la violence. Elle choisit de la montrer pour mieux raconter ce qui peut suivre. Parce que certaines histoires ne font pas que dénoncer. Elles déplacent le regard vers ce qui vient ensuite.

MOTS-CLÉS
Saint-Eustache
Elesig Hope