En 2023, l’auteur-compositeur était de passage à Saint-Eustache pour un spectacle au Zénith. Comme souvent en tournée, les heures précédant la représentation laissent beaucoup de temps à meubler.
« On m’a dit : si tu veux, tu peux aller passer la journée au cinéma. Il y a des films toute la journée […] Je passais d’une salle à l’autre et je me sentais vraiment seul. Cette expérience-là est restée avec moi. » Cette solitude a fini par nourrir un projet qui prenait forme dans sa tête.
L’idée d’un album construit comme un film est née ce jour-là. Certaines chansons sont très courtes, comme Solitude, qui dure moins d’une minute, alors que d’autres prennent leur temps. Pour pousser le concept encore plus loin, Bobby explique : « J’enregistre souvent des sons avec mon téléphone. Cette journée-là, j’avais enregistré mes pas dans les salles et des bruits ambiants. On en a utilisé certains sur l’album. »
« Qui je suis, je n’sais pas »
Mais le véritable défi de ce projet était ailleurs : écrire en français pour la première fois.
Bazini admet que le passage vers sa langue maternelle n’a pas été simple et comportait un certain risque. « J’ai eu à sortir de ma zone de confort », nomme-t-il sans détour.
Le déclic est finalement venu avec une chanson charnière : Février et le mauve, première piste de l’album qui annonce à elle seule les grands thèmes, notamment la quête identitaire, la scène, la solitude, le tout dans une poésie habitée.
Et tant qu’à sortir de sa zone de confort, l’artiste s’est aussi permis d’explorer des orchestrations plus complexes, avec des synthétiseurs entre autres. « On est beaucoup dans l’ambiance du début des années 2000. Je pensais à Daniel Bélanger et à sa façon de marier la guitare acoustique et les synthétiseurs. Rêver mieux est un album que j’adore. » Influence particulièrement notable dans la pièce Élégante solitude, qui clôt l’album.
Retour à l’école
Parallèlement à ce projet, l’artiste a aussi décidé de reprendre des études qu’il avait abandonnées plus jeune pour se consacrer à la musique. Un moment banal – recevoir sa carte étudiante – a provoqué une réflexion.
« Quand j’ai vu mon nom, Bobby Bazinet, sur la carte, j’ai eu un déclic. Je me suis rendu compte que j’avais presque deux identités : mon nom d’artiste et mon vrai nom. »
Aujourd’hui, Bazini dit assumer pleinement ce virage.
« Pour moi, ce n’était pas un projet à côté. Cet album en français, je le vois vraiment comme mon sixième album. J’ai redécouvert à quel point c’est une langue riche. Jusqu’à la fin du projet, je changeais encore des mots pour trouver les plus beaux. »
Bobby Bazini sera au Zénith, là où tout a commencé, le 18 mars. Cette fois, la salle sera pleine… et l’histoire aura trouvé sa bande sonore.
Des billets sont encore disponibles en ligne.

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