Après la Fabrication additive en décembre dernier, le thème de l’événement était l’intelligence artificielle. Animée par Allison Meysonnier, la gestionnaire des partenariats à l’institut québécois de recherche en intelligence artificielle (MILA), cette rencontre a permis à plusieurs chercheurs, entreprises et organismes de présenter leurs méthodes et leurs outils qu’ils proposent à l’industrie aéronautique.
Après des mots de bienvenue de Mathieu Demers de Mirabel Économique, Frédéric Bove des Aéroports de Montréal (ADM) et Jarrod Morley d’Espace Aéro, Marc-Antoine Beaudoin, scientifique en recherche appliquée au MILA est venu présenter quelques projets, mettant l’accent sur la gestion des anomalies.
L’humain reste essentiel
M. Beaudoin indiquait qu’il est important de garder l’humain dans la boucle puisque c’est l’expert qui peut entraîner les modèles d’apprentissage. Même si les chercheurs utilisent les mêmes outils accessibles à tous comme ChatGPT ou Copilot, l’expertise est dans la contextualisation de chaque solution et la connaissance approfondie des systèmes d’intelligence artificielle qui lui permettent de développer des produits et des processus innovants.
Après sa présentation, Amanda Arciero de la compagnie Airudi a présenté son entreprise, qui accompagne les organisations à améliorer la gestion des opérations et la maintenance. Elle rappelait une statistique inquiétante : « 70 % des projets technologiques sont des échecs. Pas parce que la solution ne fonctionne pas, mais parce qu’il n’y a pas assez de gestion du changement, les solutions ne sont pas adoptées et les projets sont abandonnés parce qu’ils sont trop dispendieux à opérer et à maintenir. »
Par la suite, c’était au tour de Martin Coulombe d’Osedea de présenter ses solutions de vision par ordinateur. Des compagnies fabriquant des câbles électriques ou des manteaux d’hiver peuvent faire appel à l’intelligence artificielle pour détecter des anomalies sur leurs produits ou leur matière première. Il abondait dans le même sens que M. Beaudoin : « Comment savoir si l’IA a fait une erreur s’il n’y a plus d’humain dans le système ? »
La présentation suivante était offerte par Juliette Dréau et Marie-Hélène Houle du CIMEQ, un Centre collégial de transfert technologique (CCTT), c’est-à-dire : un organisme à but non lucratif offrant du soutien à l’innovation. Elles ont mis l’accent sur les systèmes embarqués, à la rencontre de l’électronique, de l’IA et du développement logiciel. Un des projets présentés était les serres intelligentes des agronomes du Collège Lionel-Groulx.
Maya HTT a pris place sur la scène ensuite pour présenter ses méthodes pour l’accompagnement d’entreprises dans leurs projets d’implantation d’IA en favorisant les « preuves de valeur » plutôt que les « preuves de concepts ». Steve Fonkou expliquait que « l’IA n’est pas une fin, c’est un chemin ». Il aide les entreprises à concevoir et à établir les budgets de leurs solutions d’intelligence artificielle.
Antoine Clavaud et Olivier Chenet de Watch out ont pris la parole par la suite pour annoncer leur implantation dans le centre d’Innovation YMX pour le développement de leurs mini-usines qui répondent à la pénurie de main-d’œuvre et aux enjeux de coûts de formation des nouveaux employés. En divisant par deux l’espace nécessaire pour usiner des pièces et en se concentrant sur des experts du processus et analystes de données, ils proposent de réduire les coûts d’opérations et de supervision du personnel. L’entreprise est à la recherche de partenaires et espérait pouvoir entamer des discussions avec les entreprises présentes lors de ce rendez-vous.
Structurer l’écosystème régional
Les derniers intervenants étaient Ève Lacoursière et Régine Constantineau de Connexion Laurentides, un organisme qui sert d’entremetteur entre les besoins des entreprises et l’offre du marché pour répondre à ces besoins. Elles ont annoncé la tenue d’un grand rendez-vous de l’écosystème d’intelligence artificielle avec, entre autres, un défi de prompt qui permettra d’établir une bibliothèque des possibles et d’explorer les méthodes des experts de l’industrie. Ce rendez-vous aura lieu le 18 février à Sainte-Thérèse.
Connexion Laurentides a également convié les invités au dévoilement des opportunités dans le secteur de la défense, en collaboration avec les députés fédéraux de la région, afin de comprendre et d’entamer les démarches pour l’obtention de financement pour le développement de solutions dans ce domaine phare du gouvernement de Mark Carney.
Le prochain rendez-vous de Mirabel Économique Innovation devrait avoir lieu en mai et le thème n’est pas encore annoncé.

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