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Un drone comme premier répondant à Mirabel

Photo Christophe Godon

La mairesse Roxanne Therrien lors de la présentation du projet pilote de drone de premier répondant.

Un drone comme premier répondant à Mirabel

Publié le 04/09/2026

Pendant trois mois, un drone pourra précéder policiers et pompiers sur certains appels d’urgence à Mirabel.

La Ville lance un projet pilote de drone de premier répondant, une première municipale au Québec, afin de permettre aux équipes d’obtenir des images des lieux pendant qu’elles sont encore en route.

Réalisé avec Drone Action 360 dans le cadre de la zone d’innovation Espace Aéro, le projet sera d’abord déployé dans les secteurs de Saint-Janvier et du Domaine-Vert Nord. Ceux-ci ont été retenus après l’analyse de deux années d’interventions policières et des services d’incendie.

« En sécurité publique, il y aura toujours une part d’incertitude. On ne la fera jamais disparaître, mais on peut en réduire une partie », a résumé Stéphane Laurin, président de Drone Action 360, lors de la présentation du projet dans les couloirs de l’amphithéâtre Jean-Bouchard sur lequel est installé l’appareil. Selon lui, l’objectif est simple : répondre à la question que les intervenants se posent souvent avant d’arriver sur une scène, soit ce qu’ils auraient aimé savoir plus tôt.

Sur une table couverte de noir, un drone marqué « POLICE » est exposé devant un mur en bois, près d’un ordinateur portable
Photo Christophe Godon – Le drone est muni d’une caméra à très haute définition et d’un parachute en cas de problème technique.

Lorsqu’un appel le justifiera, le drone pourra être envoyé vers les lieux et transmettre ses images en direct aux policiers ou aux pompiers. Il pourra notamment aider à déterminer l’ampleur d’un accident, suivre un véhicule ou repérer une personne grâce à sa caméra thermique. Avec une vitesse d’environ 60 km/h, l’appareil peut parcourir près d’un kilomètre par minute. Les intervenants pourront ainsi ajuster leur préparation et, dans certains cas, les ressources déployées.

La mairesse Roxanne Therrien y voit d’abord un outil supplémentaire pour les premiers répondants. « Nos équipes vont être mieux informées et mieux préparées », a-t-elle soutenu, rappelant qu’une capacité semblable avait déjà été utilisée le 7 août, lors de Mirabel en fête et d’une recherche de personne sur le territoire. Elle estime que ce genre d’application permet de démontrer concrètement ce que l’innovation peut apporter à la population.

Devant l’amphithéâtre Jean-Bouchard à Mirabel, un groupe pose sur le trottoir devant l’entrée du bâtiment
Photo Courtoisie – Des représentants des entreprises et organisations participant au projet, photographiés par le drone de premier répondant.

Le drone ne sera toutefois pas utilisé pour patrouiller librement au-dessus du territoire. Son déploiement devra être associé à une intervention jugée pertinente par les services d’urgence. Questionné sur la vie privée, Stéphane Laurin a insisté sur le caractère ponctuel du dispositif : « Ce n’est pas un outil de patrouille. » Il a également indiqué que les images seront consultées en temps réel et ne seront pas conservées après l’intervention.

Les vols seront effectués à distance par des pilotes certifiés de Drone Action 360. Un poste fixe est installé à Saint-Janvier, tandis qu’une station mobile doit aussi être aménagée sur un véhicule du Service de police afin d’étendre les possibilités d’intervention sur le vaste territoire mirabellois. L’appareil clignote rouge et bleu, tandis que la plupart des drones commerciaux clignotent plutôt rouge et vert.

Drone Action 360 assumera les frais de service pendant les trois mois du projet pilote, alors que la Ville paiera uniquement les coûts liés à l’installation et au branchement de la station. Au terme de l’expérience, Mirabel évaluera notamment la rapidité de déploiement du drone, la pertinence des informations obtenues et son apport aux décisions des premiers répondants avant de déterminer si le programme mérite d’être poursuivi.

Pour Mélanie Lussier, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal et d’Espace Aéro, l’expérience illustre précisément la vocation de la zone d’innovation : rapprocher municipalités, entreprises et chercheurs afin de transformer des technologies en applications concrètes. Le projet permet à la fois, souligne-t-elle, d’améliorer potentiellement un service municipal et d’offrir à une entreprise québécoise un terrain réel pour éprouver et raffiner sa technologie.

Présenté le 25 août devant une quarantaine d’élus, de représentants municipaux et de partenaires de l’écosystème aérospatial, le projet place ainsi Mirabel dans un double rôle : celui d’utilisateur d’une nouvelle technologie de sécurité publique et celui de terrain d’essai pour la mobilité aérienne avancée.