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TGV : Mirabel rencontre le ministre des Transports du Canada

Photo Ville de Mirabel – Marc Lamarre, maire de Saint-Eustache, Tim Watchorn, député Les Pays-d’en-Haut, Linda Lapointe, députée de Rivières-des-Milles-Îles, Stéphane Lauzon, député d’Argenteuil-La Petite-Nation, Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel, Steven MacKinnon, ministre des Transports du Canada, François Robillard, maire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et préfet de la MRC de Deux-Montagnes, Madeleine Chenette, députée de Thérèse-de-Blainville, et Xavier-Antoine Lalande, maire de Saint-Colomban et préfet de la MRC Rivière-du-Nord, se sont réunis à Ottawa pour présenter le projet de gare à Mirabel.

TGV : Mirabel rencontre le ministre des Transports du Canada

Publié le 13/04/2026

En proposant une gare à Mirabel, la mairesse Roxanne Therrien impose les conditions à remplir pour passer sur le territoire.

Le 26 mars, elle a rendu visite au ministre des Transports du Canada, Steven MacKinnon, à Ottawa pour lui proposer une solution qu’elle qualifie de « responsable ».

« Depuis le début, notre position est claire : nous disons non au projet tel quel », affirme-t-elle. « Mais si on nous l’impose, notre responsabilité, c’est de défendre les intérêts de nos citoyens et de minimiser les impacts. »

Cette gare serait destinée au nettoyage, à l’inspection et aux réparations techniques garantissant la sécurité et la viabilité technique du projet. Elle permettrait également de diminuer la dépendance à l’automobile pour plusieurs travailleurs de la région dans leurs déplacements à Montréal.

Un mémoire préparé par la Ville au sujet de cette gare, et présenté au ministre MacKinnon, indique qu’elle répondrait aux cinq critères d’évaluation d’Alto : technique, environnemental, social, urbanistique et financier. Alors que des études sont en cours en partenariat avec les équipes techniques d’Alto et de la Ville de Mirabel, la mairesse propose d’élargir le corridor à l’étude pour établir une gare de maintenance dans le parc industriel de l’aéroport. Cette option maximiserait également l’utilisation des terres appartenant déjà au gouvernement fédéral pour le prolongement de l’autoroute 13.

Des oppositions s’organisent

Depuis la fin janvier, Jean-Denis Garon, à la Chambre des communes et au comité des finances, dénonce les exemptions des articles 8 à 11 de la loi sur les expropriations offertes à Alto, pour accélérer le projet, incluses dans le projet de loi C-15.

Au conseil municipal de Mirabel, malgré l’appui unanime du conseil au projet de gare, les conseillers Robert Charron et Patrick Rebelo se mobilisent à Mirabel et dans les autres régions le long du tracé pour appuyer les mouvements citoyens opposés aux TGV.

Dans la rue, les producteurs agricoles manifestent ici et ailleurs pour faire stopper le projet. Différents groupes sur les réseaux sociaux se relaient l’information disponible, partagent leurs inquiétudes et encouragent leurs membres à inscrire des commentaires sur la plateforme de consultation numérique d’Alto et à signer la pétition parrainée par le Bloc Québécois.

Réunion de travail autour d'une table en bureau surélevé offrant vue panoramique du paysage urbain
Photo Ville de Mirabel – La mairesse de Mirabel, Roxanne Therrien, a rencontré le ministre des Transports du Canada, Steven MacKinnon avec les quatre députés libéraux des Laurentides pour lui présenter la position et les propositions de Mirabel sur le TGV Québec-Toronto.

Appui du CPERL

D’autre part, le Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL) présente, lui aussi, un mémoire sur l’analyse stratégique et socioéconomique en appui à l’implantation d’une gare TGV dans les Laurentides. Avec le boom démographique dans la région, et surtout à Mirabel, les industries implantées sur le territoire, les terres agricoles à protéger, la solution proposée par la Ville est une tentative d’influencer le développement socioéconomique à long terme.

Le CPERL indique dans son mémoire que la région est sous-représentée dans les investissements gouvernementaux, offre des comparatifs avec les TGV développés en Europe, et présente la solution d’une gare de maintenance à Mirabel comme « une condition nécessaire pour que le projet tienne réellement compte des réalités du territoire, maximise ses retombées et incarne une vision d’aménagement équitable, durable et cohérente du Québec et du Canada ».

Cet appui donne de la perspective à la proposition de la Ville, l’ancrant dans une réalité régionale plutôt que municipale.

Une cicatrice encore vive

Le spectre des expropriations annoncées en 1969 refait surface et marque la communauté mirabelloise. La Ville présente cette solution comme un baume sur la cicatrice encore fragile, alors que le gouvernement fédéral a accepté de présenter ses excuses pour le projet d’Aéroport international du siècle dernier. « Priver ce pôle d’une gare TGV, ce n’est pas simplement rater une occasion régionale, c’est se priver d’un levier stratégique national, au moment même où le Canada en a le plus besoin. Il est temps d’utiliser à son plein potentiel le site aéroportuaire pour lequel des milliers de citoyens ont sacrifié leurs terres » a déclaré Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel.