Cette gare serait destinée au nettoyage, à l’inspection et aux réparations techniques garantissant la sécurité et la viabilité technique du projet. Elle permettrait également de diminuer la dépendance à l’automobile de plusieurs travailleurs de la région pour leurs déplacements à Montréal.
Un mémoire préparé par la Ville au sujet de cette gare, et présenté au ministre MacKinnon, indique qu’elle répondrait aux cinq critères d’évaluation d’Alto : technique, environnemental, social, urbanistique et financier. Alors que des études sont en cours en partenariat avec les équipes techniques d’Alto et de la Ville de Mirabel, la mairesse propose d’élargir le corridor à l’étude pour établir une gare de maintenance dans le parc industriel de l’aéroport. Cette option maximiserait également l’utilisation des terres appartenant déjà au gouvernement fédéral pour le prolongement de l’autoroute 13.
Des oppositions s’organisent
Depuis la fin janvier, Jean-Denis Garon, à la Chambre des communes et sur le comité des finances, dénonce les exemptions des articles 8 à 11 de la loi sur les expropriations offertes à Alto, pour accélérer le projet, incluses dans le projet de loi C-15. Même si le Bloc Québécois n’est pas contre le projet de TGV, il en a contre ces méthodes d’accélération qui diminuent le pouvoir de force entre les propriétaires fonciers et l’État.
Au conseil municipal de Mirabel, les conseillers Robert Charron et Patrick Rebelo s’opposent eux aussi à la vision de Mme Therrien. « C’est paradoxal de voir la mairesse affirmer que Mirabel est le garde-manger du Québec, dire avoir nos agriculteurs à cœur et accepter d’accueillir un TGV sur notre territoire », déclarait M. Charron en marge du déjeuner de la mairesse tenu le matin du 26 mars.
Dans la rue, les producteurs agricoles manifestent ici et ailleurs pour faire stopper le projet. Différents groupes sur les réseaux sociaux se relaient l’information disponible, partagent leurs inquiétudes et encouragent leurs membres à inscrire des commentaires sur la plateforme de consultation numérique d’Alto et à signer la pétition parrainée par le Bloc Québécois.
C’est dans ce contexte de tensions que la Ville avance avec sa proposition.
Appui du CPERL
D’autre part, le Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL) présente, lui aussi, un mémoire sur l’analyse stratégique et socioéconomique en appui à l’implantation d’une gare TGV dans les Laurentides. Avec le boom démographique dans la région, et surtout à Mirabel, les industries implantées sur le territoire et les terres agricoles à protéger, la solution proposée par la Ville est une tentative d’influencer le développement socioéconomique à long terme.
Le CPERL indique dans son mémoire que la région est sous-représentée dans les investissements gouvernementaux, offre des comparatifs avec les TGV développés en Europe, et présente la solution d’une gare de maintenance à Mirabel comme « une condition nécessaire pour que le projet tienne réellement compte des réalités du territoire, maximise ses retombées et incarne une vision d’aménagement équitable, durable et cohérente du Québec et du Canada ».
Cet appui donne de la perspective à la proposition de la Ville, l’ancrant dans une réalité régionale plutôt que municipale.
Une cicatrice encore vive
Le spectre des expropriations annoncées en 1969 refait surface et marque la communauté mirabelloise. La Ville présente cette solution comme un baume sur la cicatrice encore fragile, alors que le gouvernement fédéral a accepté de présenter ses excuses pour le projet d’Aéroport international du siècle dernier. « Priver ce pôle d’une gare TGV, ce n’est pas simplement rater une occasion régionale, c’est se priver d’un levier stratégique national, au moment même où le Canada en a le plus besoin. Il est temps d’utiliser à son plein potentiel le site aéroportuaire pour lequel des milliers de citoyens ont sacrifié leurs terres » a déclaré Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel.
« Cette orientation aurait le pouvoir de transformer un site historiquement marqué par une décision imposée en un véritable levier de mobilité, de développement économique et de fierté collective pour les générations actuelles et futures », conclut le mémoire de Mirabel.
Ces documents sont disponibles sur le site web de la Ville de Mirabel.

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