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TGV à Mirabel : Entre promesse de mobilité et crainte d’un « Mirabel 2.0 »

Photo courtoisie –

TGV Québec-Toronto : Vers des expropriations à grande vitesse

TGV à Mirabel : Entre promesse de mobilité et crainte d’un « Mirabel 2.0 »

Publié le 05/02/2026

Le projet de train à grande vitesse (TGV) Québec–Toronto franchit une nouvelle étape avec l’inclusion du territoire de Mirabel dans son corridor d’étude dévoilé sur le site web de l’entreprise Alto, le 14 janvier.

Large d’environ 10 kilomètres, ce corridor servira à définir un tracé précis d’ici l’automne, à l’issue d’une série de séances d’information et de consultations.

À Mirabel, l’annonce ravive toutefois de douloureux souvenirs. Le 27 janvier, le député du Bloc québécois Jean-Denis Garon dénonçait publiquement la volonté du gouvernement fédéral de soustraire Alto à certains articles de la Loi sur les expropriations, une loi issue directement des préjudices subis lors de la création de l’aéroport dans les années 1960.

« Je croyais que c’était une blague! »

La mairesse Roxanne Therrien confirme que la Ville a été informée à la mi-décembre que Mirabel figurait sur le tracé envisagé, sans plus de détails. « Quand j’ai entendu parler de ce projet-là à la mi-janvier, je pensais que c’était une blague ! », dit-elle, précisant que les impacts concrets demeurent inconnus à ce stade.

Le PDG d’Alto, Martin Imbleau, insiste sur le caractère exploratoire de la démarche. « En présentant un corridor très large aujourd’hui, il y a beaucoup de possibilités », explique-t-il. Le projet vise des temps de parcours de 1 h 30 min entre Montréal et Québec, et d’environ trois heures entre Montréal et Toronto. Selon lui, les consultations en cours permettront de recueillir les commentaires des communautés locales avant de préciser un tracé d’environ 60 mètres.

Il assure que l’entreprise tentera de suivre des infrastructures existantes afin de limiter les impacts, tout en reconnaissant que des acquisitions de terrains seront nécessaires. « On ne cherche pas à court-circuiter quoi que ce soit. (…) On ne minimise pas l’importance que ça a comme impact personnel et familial », ajoute-t-il, en précisant que les expropriations seraient réduites au minimum.

Pour la mairesse, la prudence s’impose. « On ne veut pas rejouer dans le même film. (…) C’est correct si le train passe, mais il y a des manières de faire. Nous, on connaît notre territoire », affirme-t-elle, disant vouloir travailler avec les agriculteurs afin de protéger les terres fertiles de Mirabel.

Photo Christophe Godon
Lors des séances publiques, une carte interactive présente plus en détails le corridor à l’étude avant le dévoilement d’un premier tracé prévu cet automne.

Rejouer dans le même film

Présents à la séance d’information du 28 janvier à Laval, plusieurs citoyens ont exprimé leur méfiance. « C’est exactement comme ça que ça a commencé dans les années 60 », ont dénoncé l’avocate des expropriés Denise Beaudoin et la militante Françoise Drapeau-Monette, qui réclament de véritables consultations publiques.

Jean-Denis Garon soutient que le Bloc québécois n’est pas opposé au projet sur le principe, mais juge le cadre législatif inquiétant. « On n’est pas contre un train, il doit passer quelque part. (…) Le processus existe à cause de nous et on veut le suspendre pour passer chez nous ! », lance-t-il, dénonçant des dispositions spéciales prévues pour Alto dans un projet de loi omnibus actuellement à l’étude.

Alto poursuivra sa tournée de séances d’information, dont une à Saint-Eustache le 5 février, tandis que les élus et citoyens de Mirabel réclament des consultations publiques formelles avant toute avancée du projet.