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Société d’histoire régionale de Deux-Montagnes: La passionnante saga des congrégations religieuses

L’historien Guy Laperrière a dressé un tableau de la présence et de l’influence des congrégations religieuses sur le territoire. 

Société d’histoire régionale de Deux-Montagnes: La passionnante saga des congrégations religieuses

Publié le 11/11/2014

La Société d’histoire régionale de Deux-Montagnes (SHRDM) a conclu, au mois d’octobre dernier, au Centre d’art La petite église, à Saint-Eustache, son cycle de conférences de l’année 2014, avec une présentation de Guy Laperrière, professeur retraité de l’Université de Sherbrooke.

Ce dernier a publié en 2013 un ouvrage sur l’histoire des communautés religieuses, au Québec. Sa conférence s’est bornée à l’histoire de ces congrégations sur le territoire de la MRC de Deux-Montagnes, mais aussi ceux de Mirabel et de Saint-Jérôme.

Leur présence sur le territoire est très précoce a rappelé l’historien, grâce notamment à la venue de religieux français. Elle a débuté avec les Sulpiciens à Oka, dès 1717. Leur objectif était d’éloigner les Amérindiens de la municipalité et de s’installer sur leurs terres, octroyées par le Roi. C’est à l’initiative des Sulpiciens qu’a été créé le calvaire d’Oka dans les années 1740. Mais les relations entre l’ordre et les autochtones vont devenir tendues à la fin du 19e siècle. Une partie des Indiens se tourneront vers le protestantisme. Leur chapelle sera détruite par les Sulpiciens qui en subiront les représailles.

En 1721, c’est une congrégation, féminine cette fois, qui s’installe à Oka: la Congrégation de Notre-Dame; qui un siècle plus tard, prendra place à Saint-Eustache. Elle avait pour mission d’éduquer les jeunes filles, Amérindiennes notamment.

À partir des années 1880, l’établissement des congrégations va connaître un second souffle après que l’évêque de Québec se soit plaint du manque de foi de la population. La pratique de la religion devient plus stricte.

En 1883, les sœurs grises répondent à l’appel du curé Labelle et s’installent à Saint-Jérôme. Elles s’occupent des personnes âgées, des orphelins, des enfants. Elles financeront la construction des hospices de la ville.

Les moines trappistes arrivent, quant à eux, à Oka à cette époque. Le monastère devient une abbaye en 1892. Ils deviennent rapidement prospères, grâce au fameux fromage Oka, dont la recette est importée de France. Réputés pour transformer des forêts marécageuses en terres fertiles, ils reçoivent des subventions gouvernementales pour développer l’agriculture. Ils fondent une école en 1893.

Le réseau continu de s’étendre durant la première moitié du 20e siècle. Les Sœurs de Sainte-Anne ouvrent une école normale pour former des professeurs à Saint-Jérôme en 1923. Elle accueillera en 46 ans d’existence près de 10 000 élèves.

Toujours à Saint-Jérôme, les Sœurs du Bon-Conseil se consacrent aux jeunes ouvrières en leur apportant une aide sociale, récréative et culturelle. Elles créent également en 1942 une école ménagère.

En 1936, les moniales bénédictines, ordre contemplatif, s’installent à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Finalement, de manière assez brutale, au début des années 1960, les grands projets des congrégations tombent à l’eau, en raison de la laïcisation des institutions et des difficultés de recrutement. Les bâtiments devenus trop grands sont vendus. Certaines congrégations ont perduré en s’installant dans des demeures plus modestes et en s’octroyant de nouvelles missions.

«Elles se consacrent désormais à la pastorale et à l’aide aux plus démunis», conclut l’historien. Une chose est sûre, a-t-il ajouté, elles ont imprégné la vie des Québécois pendant plus de deux siècles et tenu un rôle clef dans la société.

 

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Photo Michel Chartrand

L’historien Guy Laperrière a dressé un tableau de la présence et de l’influence des congrégations religieuses sur le territoire.