Producteur laitier et acériculteur, il représente aujourd’hui la relève d’une ferme établie depuis plusieurs décennies sur le territoire mirabellois. Derrière lui se trouvent des années de travail, d’investissements et de savoir-faire transmis d’une génération à l’autre.
« Je ne suis pas ici uniquement comme propriétaire d’une érablière. Je suis ici comme gardien d’un patrimoine que ma famille entretient depuis cinq générations », a-t-il déclaré lors de la manifestation du 10 juin.
Pour plusieurs observateurs, les discussions entourant le projet Alto se résument à des cartes, des tracés et des emprises. Pour les producteurs agricoles, elles prennent plutôt la forme de champs cultivés, de boisés aménagés et d’entreprises familiales dont l’histoire est intimement liée au territoire.
Dans le cas de Vincent-Olivier Vermette, cette histoire s’écrit à la fois dans l’étable et dans l’érablière. Déjà en 2022, le jeune entrepreneur agricole témoignait de son engagement envers la ferme familiale en obtenant une reconnaissance officielle de ses compétences afin de participer à l’acquisition de parts de l’entreprise. Copropriétaire de la ferme avec son père, il expliquait alors avoir contribué à doubler la production au cours des années précédentes.
Aujourd’hui, c’est toutefois l’avenir même d’une partie de son érablière qui le préoccupe.
« Chaque érable représente des années de travail, de patience et d’investissement », rappelle-t-il. Selon lui, contrairement à plusieurs infrastructures, une érablière ne peut pas simplement être déplacée ailleurs lorsque son territoire est fragmenté.
Son message dépasse d’ailleurs le cadre de sa propre exploitation. Mirabel est reconnue pour l’importance de son industrie acéricole, un secteur qui contribue à l’identité agricole de la région. « C’est une partie de notre histoire collective qui disparaît », soutient-il.
À ses yeux, le débat entourant Alto soulève une question fondamentale : quel héritage les générations actuelles souhaitent-elles transmettre à celles qui suivront?
« Nous avons la responsabilité de protéger cette richesse exceptionnelle », affirme-t-il. Une conviction qui explique sa présence parmi les agriculteurs mobilisés depuis plusieurs mois.
Pour Vincent-Olivier Vermette, la défense du territoire agricole est une question économique, mais aussi la volonté de préserver un patrimoine vivant, façonné par des familles qui cultivent la même terre depuis des générations et espèrent pouvoir la transmettre, à leur tour, à celles qui viendront après elles.

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