Toutefois, la croissance et la stabilité de cette production sont étroitement liées aux conditions climatiques. La période d’entaillage, qui dépend d’un cycle précis de gel et de dégel, devient de plus en plus imprévisible avec les variations climatiques actuelles.
Dans les Basses-Laurentides, où l’industrie touristique est fortement liée à la saison des sucres, ces fluctuations peuvent se traduire par des ouvertures plus hâtives ou plus tardives des cabanes et par une expérience de visite différente d’une année à l’autre. Dans un climat moins stable, les exploitants doivent adapter leurs opérations avec des tubulures plus performantes, un ajustement des calendriers de récolte ou des investissements technologiques pour maintenir la qualité et les volumes.
Repenser ses pratiques
Au nord, les acériculteurs, plus orientés vers la production de volumes et la transformation, ont également dû repenser leurs pratiques. Les conditions climatiques influencent les rendements par entaille; l’industrie utilise des technologies avancées comme la tubulure sous vide, des concentrateurs à osmose et des évaporateurs performants pour maximiser l’efficacité malgré ces variations.
« L’érable rapporte plus à l’hectare qu’une coupe aux 30 ans, mais on a besoin du bois aussi », souligne Marc L’Heureux. Ceci illustre bien la réalité laurentienne : concilier économie, environnement et identité. Avec les changements climatiques, les forêts de conifères ont laissé davantage d’espace aux feuillus comme l’érable, transformant les paysages et les activités touristiques et industrielles.
L’adaptation de l’industrie n’est pas seulement technique : elle est aussi économique et territoriale. La gestion durable des érablières, la diversification des revenus (par les forestibles et les produits dérivés) et la structuration de projets régionaux deviennent des réponses incontournables face à un climat qui change. Dans les Laurentides, où tourisme et production coexistent, cette capacité d’adaptation pourrait bien définir l’avenir de l’industrie acéricole, entre tradition et résilience.

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